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Neo Drift Out : New Technology
Visco Corporation - 1996
Le jeu où l’on roule avec des peuneus. par Nola

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
À Nespas, on est sportif, mais pas trop. Ah ça oui, des papiers qui parlent d’obscures perles issues du jeu de plateforme japonais on en a. Et les critiques sur les Mario et autres Zelda ont fleuri de partout. Mais bizarrement, dès qu’il s’agit de parler de sport, d’un coup il n’y a plus grand monde. À croire que le public auquel s’adresse le site est un public de geeks. Bon, je suis un brin méchant parce qu’en réalité il y a bien quelques téméraires que sont Hébus et Gregoraktor qui ont fait de ce genre l’une de leur spécialité. Mention spéciale à Greg dont 80% des tests parlent de sport et transpirent la mauvaise foi de l’équipe éditoriale de « L’Équipe » de l’année 1998. Mais bon, ça reste les textes d’un garçon qui ressemble à trois grammes à un canard rougeaud ou d’un sudiste incapable de prononcer correctement le mot pneu. Du coup….





Et bien du coup aujourd’hui, c’est l’infâme lyonnais plein de prétention et d’arrogance que je suis qui vient vous parler sport, et plus précisément de course automobile avec le jeu Neo Drift Out : New Technology. Il est sorti en 1996, une époque où Daniel Balavoine n’était déjà plus de ce monde, mais où Colin McRae l’était encore. On ne se méfie jamais assez des hélicoptères.

Neo Drift Out : New Technology, que nous appellerons maintenant Drift Out ou NGDONT, est d’abord sorti sur arcade et est la suite de Super Drift Out, disponible exclusivement au Japon et sur Super Nintendo. Et à la vue de sa maniabilité assez affreuse on comprendra pourquoi. Mélangez la vue de haut en mode Super 7 du deuxième niveau de Contra III et mettez-y une maniabilité d’un mauvais Micromachines pour vous faire une idée. Oui, l’horreur à l’état pur.
Mais ne mélangeons pas les torchons et les serviettes puisque Drift Out est d’une classe bien supérieure à son aîné. Après l’écran titre on choisit un nom en trois lettres, vestige de l’arcade oblige. Bien évidemment on optera pour un petit CUL, MST, SEX, OMG et autres surnoms de bon goût.



Nous voici à l’écran de sélection des bolides où l’on se rend compte qu’il n’y a que trois malheureuses voitures. La Mitshubishi Lancer, la plus lente mais qui se contrôle à merveille puisqu’elle ne survire ou ne sous-vire jamais. La Toyota Celica, un monstre de puissance mais qui a une aérodynamique plus que discutable. Et enfin la Subaru Impreza que l’on connaît tous, non pas pour ses titres de champion du monde des pilotes ou constructeurs, mais plutôt pour un de leur feu pilote qui la conduisait et qui donna par la suite son nom à une célèbre franchise du jeu vidéo de rallye.



Là encore, comme pour beaucoup d’autres titres je n’ai jamais vu la différence entre ces trois véhicules. Puisque la Celica qui est censée être une avaleuse de bitume a une vitesse de pointe de 209 km/h et la Lancer qui devrait techniquement se traîner la bite roule à 205 km/h. Allez chercher à comprendre.
Ensuite on opte pour un mode de jeu, et vogue la galère. Ou plutôt on appuie sur Start, vu qu’il n’y en a qu’un seul. On débute par un stage « practice » et là on prend peur. Pas que le jeu soit moche, mais il est en 3D isométrique. Et ceux qui ont joué à Solstice commencent à grincer des dents car cette vue rime souvent avec jouabilité pourrie, surtout à une vitesse aussi élevée. Et bah non, quelques virages plus loin on se rend compte que la machine réagit parfaitement et que si l’on se retrouve dans le mur c’est uniquement de notre faute. Le gameplay c’est LE gros atout du soft et il faut voir les tracés de fin où l’on enchaîne les chicanes et les épingles à cheveux avec une maniabilité parfaite pour s’en convaincre.



Une fois l’entraînement passé on attaque les choses sérieuses. Les niveaux se déroulent tous de la même manière, on fonce à toute berzingue tandis que notre co-équipier nous annonce les futurs virages : « Et 25 droite suivi de 45 gauche ». Mais bon, je ne vais pas m’échiner à vous expliquer durant des heures le principe des rallyes, vous en avez tous vus. Bien évidemment vous jouez contre la montre et devrez finir le monde dans un temps imparti, sinon ce ne serait pas drôle. À la moitié du niveau environ vous passez sous un checkpoint (parfois même deux) qui vous redonne de précieuses secondes. De plus, il y a une option très sympa incorporée par les développeurs qui fait que même si vous avez dépassé le chrono, vous pouvez continuer jusqu’au prochain point de passage et ainsi mieux mémoriser le tracé, vu qu’ici on applique le principe du « Die & Retry ».
Enfin pour la déconne on peut parfois couper via des raccourcis signalés par votre copilote et grappiller quelques centièmes. Sauf que ces sentiers sont parfois beaucoup plus dangereux que le chemin classique ! J’irais même jusqu’à dire que certains vous font presque ralentir, mais ne pouvant vous l’affirmer je resterai dans l’expectatif. Ce dont je suis sûr, c’est que vous allez devoir apprendre les circuits par cœur pour arriver à voir le bout du tunnel, bien que la difficulté de Drift Out ne soit pas insurmontable.



Au niveau des graphismes, on sent que les mecs de chez Visco n’ont pas été dans l’excès. Non pas qu’ils soient laids, non non, c’est même tout l’inverse. Mais l’univers ne fait pas cohérent. Déjà toutes les courses se déroulant sur chemins de campagne se ressemblent. Pareil pour celles sur neige. Mais là encore, vu la vitesse à laquelle le jeu défile, on s’en foutrait presque. Par contre, au début et à la fin de chaque étape, vous avez des supporters qui viennent vous encourager. Alors que l’on ait des noirs avec des lances et vêtus de boubous sur le continent africain, je veux bien. Mais qu’on retrouve ces mêmes afros en Nouvelle-Zélande ou en Grande-Bretagne, là, j’adhère moyen. Pareil pour les gros beaufs merguez/saucisses du niveau de l’Europe qui sont habillés en short et montés de lunettes de soleil et que l’on retrouvera sous -25° pour le niveau scandinave. Bref, on sent que le travail d’investigation ne fut pas total et cela se ressent au niveau de la seule musique qui viendra égayer tous les tracés.



Malgré tout on s’amuse comme un petit fou dans Drift Out et c’est le plus important. Et si les premiers niveaux se terminent sans trop de difficulté, il n’en sera pas de même pour les suivants, qui, bien que plus ardus, vous procureront une intense satisfaction lorsque vous aurez franchi la ligne d’arrivée avec 0’00’30 s restante. Ainsi, tout comme moi, vous vous déchaînerez sur les virages du sixième niveau et attendrez impatiemment la suite.
Mais en fait non, puisqu’à votre grande surprise vous verrez apparaître les mots « All Stage Clear » annonçant la fin. Le générique arrivera une image du podium plus tard. Et c’est là que le bât blesse. NGDONT ne possède que six malheureuses courses (parce que celle de l’entraînement n’est qu’une vaste blague) qui, si on les connaît bien, se finissent en tout entre 7min45 et 8min. C’est trop peu sachant que le replay value est quasi-nul et qu’il manque ce qui a fait de l’arcade un panthéon du fun vidéoludique, un mode deux joueurs.



Au final, tout comme les programmateurs de Visco, je ne m’ennuierai pas plus longtemps et finirai cette critique ici. En tout cas, je vous invite quand même à le tester. Et si vous avez aimé, foncez sur Great 1000 Miles Rally qui a deux fois plus de stages, une tripotée de véhicules puant la classe venus d’une autre époque (telle que la Mercedes Benz 300 SLR) et surtout un mode deux joueurs.

Le point de vue de César Ramos :
Rare, comme nombre de jeux Neo Geo