"Ce site, vous le savez, c'est ma grande passion" Omar Sharif
Baseball
Nintendo - 1983
Qui joue en première base ? par Enker

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Je ne sais pas pour vous, mais jaime bien ces vieux jeux bien antiques du début de la NES. Soccer, Volleyball, Tennis, Pro Wrestling : des titres bien évocateurs qui ne laissent que peu de place au doute quant à leur contenu. Un peu comme si le service restauration au budget limité dune colo de trois jours pour trente-cinq personnes lançait un menu quotidien unique « Oignons », on sait à quoi sattendre.



Dans le lot, il ny a guère que le très médiocre 10-Yard Fight qui fait preuve dimagination dans son titre. Ce nom très poétique et métrique inspire essentiellement à mes conquêtes mon fier attribut masculin, mais pourtant cest bien un jeu de football américain, ce qui est tout à fait raccord car il permet dopposer deux équipes de glands.
Et si ce Baseball dont il est question aujourdhui profite de ce bon vieux titre vendeur et flemmard des familles, cest du côté de la culture US quil va falloir aller piocher pour en savourer la substantifique moelle.



Coupons tout de suite court au suspense : je ne connais rien au jeu de baseball. A vrai dire, il mindiffère même totalement. Un sport où le pays qui en le porte-étendard se fait dominer par le Japon et Cuba est soit une sorte de remake hasardeux de Nagasaki et de la baie des Cochons, soit un non-sens total.
Cest donc un hasard complet si jai cliqué sur licône de ce truc dans le menu de lapplication Nes online de ma Switch. Un moment dégarement certainement, mais aussi et surtout la motivation de trouver un titre pour écrire une critique rapide pour le site. Parce que oui, hein, on ne va pas se leurrer, un jeu de sport avec un titre aussi évasif ne va pas être des plus compliqués à appréhender.



Tout commence par un écran de titre toujours aussi roots, bien représentatif de la fameuse collection des « Sport series ». Fun fact : Baseball est le premier titre de cette série à avoir été publié, au Japon tout du moins. Aux USA, il est sorti dans la masse anonyme des jeux de lancement de la console. Et pour lEurope, je nen parlerai même pas, puisque seule lEspagne aura vu le bout de son nez dans les rayons, mais qui sen plaindra ?
Donc un écran tout ce quil y a de plus roots, un joueur, deux joueurs, on choisit de jouer seul parce que bon faut pas déconner, et puis cest parti pour lamusement !



Avant de débuter, un petit rappel des bases(ball, hi hi quest-ce quon se marre) du jeu. Le lanceur lance sa balle en destination du receveur équipé de son gros gant moche, tandis que le batteur, lorsquil est interprété par la console, saisit sa grosse batte et vous la FOURRE BIEN PROFOND DANS LE CUL.

Non sérieusement cest quoi le problème avec ce jeu ? Que lon samuse à essayer de faire des lancers mous, des rapides, des courbes ou même essayer de faire #curaveclesdoigts sur sa manette, lIA de la console vous la mettra bien droit dans le fondement et alignera les home runs avec une régularité à en faire pâlir un contrôleur SNCF nostalgique de Reinhard Heydrich. Désolé pour le mauvais trait dhumour noir, mais il faut bien comprendre quune fois le train de la défaite est lancé, il ne sarrêtera pas (ah, on me fait signe que je menfonce là)



Jai bien tenté de persévérer un peu, dapprendre les différentes combinaisons absolument pas instinctives, du genre pour faire courir le mec qui est en première base vers la deuxième, il faut faire droite+B, tout en prenant soin de répéter lopération pour chaque base en changeant la direction, soit plein de manipulations relous alors que la console fait tout en simultané bordel ! Et si la console dispose dune acuité absolument foudroyante pour bien niquer tous mes efforts, que dire de la nullité crasse quelle affiche pour permettre aux receveurs daller récupérer une pauvre balle envoyée pourtant pas si loin ? Ah ça, on na pas la main dessus, il va falloir shabituer au triste spectacle des péons neuneus se rentrer dedans alors que la baballe est à leur pied, voire à partir en zigzag plutôt que de tracer tout droit.

Ou alors on ma donné une équipe handisport sans me prévenir.



Un avis éclairé sur le net me fait comprendre que oui, au bout de nombreux efforts, on finira par vaincre la console, un soir de lune mal éclairée, tout en récitant des psaumes satanistes avec un os de biche bien calé au fond de la semelle gauche. En attendant, même les plus avancées des technologies de lémulation comme le retour rapide ne me permettent pas de m'affranchir de la malédiction : quand la console a décidé quelle tenculerait sur la prochaine balle, elle le fera. Et vu la durée dune partie, des occasions de tenculer, elle nen aura pas quune.



Cette difficulté à peine forcée est inhérente de lépoque où est sorti le jeu, il fallait offrir une opposition relevée au joueur pour quil en ait pour son argent. Reconnaissons aussi que pour un jeu de simulation sportive de 1983, il offrait un panel daction aussi large que le système et sa manette permettaient. Cest ce que retiennent dailleurs les amateurs : remis dans le contexte, il avait de solides arguments à faire valoir.
Mais quarante ans après sa sortie (oui, moi aussi ça me fait mal), quest-ce qui sauve ce jeu ? Personnellement, lorsque j'ai maille à partir avec cette fichue IA, cest daccepter mon triste sort et de laisser vagabonder mon esprit au-delà des sprites, me laisser transporter sur le terrain au côté de ces étranges coéquipiers, un peu maître à jouer sorti de nulle part prêt à retourner la console sur fond de musique typique des années 80.

Elle était là, tendue dès l'allumage,
Mûe par le câble chaud.
Le vent, le vent brouillait l'image,
Sans trop de soubresauts

J'arrivais avec ma portable, beau minet et roubignoles,
Gomina, Game Boy, skill impeccable,
De quoi la rendre folle

Lombre de Nintendo caressait ma peau, je menais déjà trois à zéro !

Et voilà Mario à la batte ! Vas-y Mario, fais-lui ton numéro ! Pas chaloupé, tango !
Parle-lui des chiottes de ta villa,
A Koopa Cabana



Mais toutes les plus belles histoires s'arrêtent, et je me réveillais
J'avais fait un rêve et dans ma tête, ce refrain résonnait :
Lombre de Nintendo caressait ma peau, je prenais quarante à zéro.



Lombre de Nintendoooooo caressait ma peau, je prenais quarante à zéroooooooooo.
Le point de vue de César Ramos :
Des clopinettes pour la version américaine, déjà moins accessible pour la PAL de chez nous