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Amstrad : Le crocodile met les watts

Alan Michel Sugar et Steve Jobs sont sur un bateau... par PanterA


S’il y a bien un jour que je conchie dans chacune des semaines que m’offre ma vie de servitude à la grandeur de Satan, c’est bien le dimanche. Il m’est difficilement concevable de me voir anéanti par le poids des années (celles de la fermentation notamment), affalé dans mon canapé tel la flaque de fouiste, la couille flétrie et le gland comme un gyrophare pour avoir pissé de la térébenthine toute la veille jusqu’à la fermeture du rade. Et je ne parle même pas de cette saloperie d’armée de pic-verts, qui elle, n’est visiblement pas en grève, et qui s’emploie à ma restructuration crânienne de l’intérieur. C’est long, même très long, toute une journée entière, amorphe, confortablement avachi dans une oisiveté de premier choix, à se demander pourquoi avoir tant insisté pour affronter cet ennemi qu’est le malt puisque visiblement je ne suis pas de taille. Que c’est long d’entendre les secondes résonner comme dans un épisode de Derrick, à s’abreuver des superbes mais néanmoins redondants reportages sur l’exportation de la coke par des putes go fast en banlieue que nous offre la télé en attendant qu’une idée lumineuse viennent égailler une douloureuse convalescence... Et grâce à je ne sais quelle divinité en ce jour, l’inspiration m’est venue. Et si je me claquais une petite partie d’Amstrad ?, me suis-je dit, confiant.

C’est donc après quelques dizaines de minutes à pourfendre les diverses couches bordéliques des méandres d’une cave désormais gouvernée par des rats gros comme des ballons de rugby que je suis parvenu à exhumer cette vieille carcasse d’un autre age qui, par miracle, contenait encore une bonne vieille copie de « Commando », jeu à qui je dois le privilège de porter des lunettes aujourd’hui pour m’avoir tatoué la rétine de ses couleurs chatoyantes, bien aidé par les saveurs de l’écran monochrome qui doit faire trembler quelques paquets de trentenaires encore à ce jour. Mais trêve de galéjades, aujourd’hui j’allais pouvoir m’en prendre plein la musette en couleur et en 16:9 puisque bien heureusement les technologies ont évoluées (les plus malins auront décelé une pointe d’ironie au travers de « bien heureusement » puisque la puissante résolution de 320x200 étirée sur 32’’ c’est un supplice. Au passage je déconseille à quiconque souhaite conserver une audition digne de ce nom de relier la prise casque de l’ordinateur à un ampli de quelque puissance que ce soit).

Mais bref. Tout ceci relève de la théorie hautement utopique et serait volontairement oublier que l’informatique de l’époque, même à l’époque, n’était qu’un mollard craché vulgairement au visage de la stabilité… Ce à quoi s’ajoutent deux bonnes décennies de laxisme et de magnétisme mourrant pour en arriver à l’impossibilité de lancer quoi que ce soit sur CPC. En temps normal les « Read Error Block B » ne sont déjà pas agréables, mais en période de cuvage ils sont facilement traductibles par « Va t’faire pousser la crotte… Demi-molle ! ».


Mou du bout ? Moi ? Ah ah…


… Minable petite cassette de merde... Tu pensais pouvoir toiser sa seigneurie de PanterA impunément ? On t’entend moins ramener ta science bas de gamme, boule de pus ! Mais du coup, mes nerfs ont beau avoir relâché un brin de pression, je n’ai plus rien pour me caler la dent creuse…

Coupé dans un élan nostalgique, je me suis senti frustré, même si parfaitement conscient du fait qu’il aurait suffit que tout fonctionne pour que l’ensemble reparte en léthargie au fond d’un carton quelques instants plus tard… Pourtant, il fallait que ça tourne… Et c’est via cette merveille de Google que le St Graal m’est apparu. Je vais donc pouvoir vous en faire part, histoire de ne pas vous être cogné cette interminable introduction inutile pour des pommes.

Il est possible de passer outre le capricieux lecteur de cassettes du CPC 464 en chargeant ses jeux comme un gros sale via n’importe quelle source audio (lecteur MP3, iPod/iPhone, baladeur CD, ou encore du biniou, mais il va falloir être motivé). Quelques sites sur Internet proposent des ROMs d’Amstrad au format MP3, déjà prêtes à l’emploi.




01.] The dawn of battle
> Un tourne-cuisse cruciforme
> Une vieille rallonge jack 3.5mm
> Un fer à souder
> De l’étain
> Une pince coupante et/ou à dénuder (ou des dents)
> Un collier de serrage / Un pistolet à colle (quelque chose pour bloquer le fil)
> De quoi faire un trou du diamètre du fil (perceuse, tournevis + patience…)
> Un lecteur audio* (baladeur CD/MP3, etc…)
> Un quart d’heure à tuer
> Au moins une main droite
* Si comme moi vous avez une flemme incommensurable de rechercher un vieux baladeur dans votre foutoir et comptez sur votre téléphone, attention ! Si vous utilisez ce même téléphone pour écouter de la musique (kit main libre bluetooth, baladeur, ampli…), le mode « lecture aléatoire » peut vous détruire les oreilles, en passant d’un hit de Diam’s à la douce mélodie d’un chargement strident de jeu Amstrad sans sommation…


02.] Hey ! Oh ! Let’s go
On commence par démonter gentiment l’ancêtre, pas de grosse difficulté à ce niveau, si ce n’est quelques précautions pour débrancher le connecteur et les deux nappes à l’intérieur qui relient les deux parties de l’Amstrad. La partie qui nous intéresse tourne autour du lecteur cassette, l’autre partie peut être jetée plus loin, histoire de faire de la place.


Attention à ces deux nappes à gauche et le connecteur de droite. Nous remercieront au passage mon goût prononcé pour les tutoriaux de nuit et la qualité indéniable des photos de mon téléphone portable.


C’est l’heure de préparer le câble jack. Je parlais de rallonge dans la liste du matériel à réunir, puisque par définition, une rallonge comporte un connecteur mâle et un connecteur femelle. Pour ma part, j’ai choisi la solution semi-propre, qui consiste à laisser pendre un connecteur mâle par le câble à l’extérieur de l’ordinateur, puisque tous les lecteurs audio on une prise femelle. Il ne faut pas déconner non plus, je voulais tuer le temps un dimanche, pas me casser la tronche à faire un truc propre… Le principe en revanche reste le même, il suffira, pour une fiche femelle, de se débrouiller ensuite à l’intégrer proprement dans la carrosserie du crocodile, pour faire croire à un élément d’origine et ainsi se la péter devant des gonzesses qui n’en n’ont rien à cogner. On coupe, en laissant une longueur de câble d’environ 30 cm pour être tranquille, et on dénude les extrémités le temps que le fer à souder chauffe tranquillement.


Le bon goût vous suggèrera d’étamer les fils avant de les souder, histoire de faciliter le boulot !


Il suffit maintenant de repérer les bornes par lesquelles le signal audio arrive, et de souder, en toute logique, le fil rouge sur le + et le fil noir sur le -.


Les soudures sont tellement grosses qu’un clou chauffé au briquet devrait suffire.


Pour achever le travail, un peu de bon sens devrait vous aider à percer la carcasse de l’Amstrad pour laisser passer le fil, et de bloquer le fil à l’intérieur par quelque moyen que ce soit, histoire de ne pas arracher le fil de ses soudures au moindre accroc. Si le bon sens ne suffit pas, un peu de je m’en foutisme devrait aider, l’Amstrad, c’est du gaillard, pas comme ces chinoiseries d’aujourd’hui…


Un beau pâté de colle et un ou deux colliers suffiront.



Une fois le tout remonté, il n’y a plus qu’à trouver quelques ROMs au format MP3 (quelques sites en proposent, notamment « Amstradeus »), de les copier dans son lecteur MP3, et de raccorder ce dernier à l’ordinateur. Pour lancer un jeu, ce n’est pas bien compliqué non plus, il suffit de faire comme d’habitude : presser simultanément les touches CTRL+SHIFT+ENTER, puis une nouvelle fois ENTER, et enfin, lancer la lecture via le lecteur MP3. Attention cependant à ne pas mettre le volume du lecteur audio (celui qui lis le jeu, pas celui de l’ordinateur) à fond de calle, cela peut engendrer des problèmes de lecture. Pour ma part, avec un iPhone, je règle le son à un tiers, et tout fonctionne bien.



Ce procédé ne permet que le chargement de jeux sans encombre, mais les délais de chargement seront bien évidemment les mêmes qu’avant, autrement dit : chiants comme la mort !