United Colors of Monochrome.
Rick Dangerous
Core design / Firebird - 1989
Dure journe en enfer par Onigiri

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Comment voquer l'Atari ST sans parler d'un de ses plus grands hros, une lgende parmi les lgendes, le fameux Rick Dangerous ? Comme presque tous les jeux sur micro de l'poque, il a t port sur normment de supports (Amiga, Amstrad, Comodore 64, ZX Spectrum et PC). Mais c'est certainement sur Atari ST qu'il a le plus marqu les esprits, et ce n'est pas un hasard. Avec une prise en main simple et des graphismes soigns soutenus par une musique russie, le jeu a tout pour plaire. Mais n'attendons plus, et insrons notre grosse disquette dans ce fougueux ordinateur pour voir ceci plus en dtail.



Nous sommes en 1989. l'poque, terminer un jeu n'est pas la porte de n'importe qui. Seuls les vrais joueurs, les tatous, ceux qui ont imprim leurs empreintes digitales sur leur joystick, y arrivaient. Bref, finir un jeu tenait de l'exercice physique le plus extrme. Mais finir Rick Dangerous s'apparente plus une torture digne des meilleures guerres. Il faut bien comprendre une chose : Rick Dangerous ne mnage pas le joueur. Dire que le jeu est difficile est un euphmisme la limite de l'insulte. On suit donc l'histoire de Rick, ersatz d'Indiana Jones, arm de son Magnum et d'une collection de btons de dynamite. Le hasard a voulu que son avion l'oblige se parachuter en pleine jungle amazonienne, le conduisant explorer un temple Goolus truff de piges.



On se retrouve donc dans un jeu de plateformes pas comme les autres. Ds les premires secondes de jeu, vous devrez chapper votre premier ticket vers la mort : Une norme boule de pierre qui vous poursuit dans les couloirs troits de l'entre du temple. L'inspiration d'Indiana Jones se fait sentir tout de suite. Ces premires pripties passes, il va falloir attaquer la suite de cette entre en matire plutt muscle. Le jeu propose en tout quatre niveaux : l'Amazonie, l'Egypte, l'Allemagne et la perfide Albion, Londres plus prcisment. Pour cela, on dispose de plusieurs atouts : un rvolver charg de six balles, six btons de dynamite, et enfin une arme au corps corps, une sorte de bton de combat qui immobilisera les ennemis une seconde ou deux. Et bien entendu, ce fameux saut inhumain, qui vous apportera autant de problmes que de solutions.



Chacun de ces niveaux est introduit comme un chapitre, sur une petite musique entranante. Ce seront les seules du jeu. Le silence le plus complet accompagnera les bruits de pas du hros, les coups de feu et autres explosions, mais surtout la mort de chaque personnage l'cran, qui sera symbolis par un cri qui restera dans la mmoire de chaque joueur. D'une part parce qu'aprs 5 minutes de jeu, on l'a dj entendu une bonne cinquantaine de fois, mais surtout parce que ce cri est juste dlirant. Car Rick Dangerous est affreusement dur, mais il ne se prend surtout pas au srieux. Le hros lui-mme, quelque peu ventripotent, est affubl d'un chapeau brun qui lui recouvre les yeux, ce qui ne semble pas le gner vu l'norme sourire qui campe sous son gros nez. Cette petite touche d'humour est loin d'tre la seule, le titre en est parsem.



Le jeu est un vritable bonheur graphique. Non content de nous faire voyager travers le monde, le jeu nous prsente des dcors toujours diffrents et l'oppos les uns des autres. Mention spciale la pyramide gyptienne, particulirement russie, et dont les dcors sont enchanteurs. Tous les dcors sont d'ailleurs russis, du temple sud-amricain la base militaire en passant par le chteau nazi, vous visiterez du pays entre deux bonnes crises de nerfs.



Car j'insiste, malgr toutes les incontestables qualits que le jeu se trimballe, sa caractristique qui aura marqu le plus les joueurs est sa difficult extrme, son sadisme pur, sa perfidie sans piti. Chaque tableau vous conduira invitablement de nombreuses fois vers une mort des plus atroce. Tant pour votre personnage que pour vos nerfs, qui lcheront humainement aprs quelques minutes. Je vous conseille vivement, avant chaque partie, de vous armer solidement de patience et d'loigner les meubles, tout objet de valeur, votre famille et vos amis. Vous risqueriez de regretter un tel oubli, et eux aussi. C'est bien simple, il est presque impossible de traverser un tableau sans dclencher un pige astucieusement cach. Et ils peuvent tre partout : une sculpture qui vous crache une flche, des pointes qui sortent d'un mur, une boule de feu arrive de nulle part, un tuyau qui vous pte la gueule ou encore un missile qui s'enclenche sans raison apparente votre passage. Ce jeu rend tout bonnement paranoaque.



Si cette difficult peut passer pour un dfaut aux yeux du profane, c'est en fait elle qui fait toute l'essence du jeu. C'est elle qui vous poussera refaire plusieurs fois tous les tableaux pour en djouer tous les piges. C'est elle qui occupera de trs nombreuses nuits durant lesquelles vous allez vous affairer terminer un seul niveau, vous obligeant apprendre par cur chaque tableau. Et surtout, c'est elle qui rallonge incroyablement la dure de vie, chaque niveau pouvant mettre plusieurs heures avant d'tre pass. La fin est tout simplement un cauchemar sans nom. Rester statique conduit la mort. Avancer conduit la mort. Tirer conduit la mort. Sauter conduit, une fois sur deux, la mort. Bref, chaque tableau est synonyme d'un bon ptage de plombs en rgle.



Mais si vous surmontez cette preuve de force, vous dcouvrirez un jeu magnifique et qui regorge de trs bons dtails. Ce jeu est un bras de fer entre la machine et vous. Et vous ne devez pas vous permettre de rater un challenge de cette ampleur. Sortez-vous les tripes, posez vos couilles sur la table, et montrez cette machine que rien ne vous arrte, que cette cicatrice qui vous vient du Vietnam est la preuve irrfutable que ce n'est pas un assemblage de transistors et de condensateurs qui vous stoppera un jour.
Le point de vue de César Ramos :
Comme la plupart des jeux Atari : peu cher, prsent en lots...