MON SHAQ EST FAIT!
Shadow of the Beast
Psygnosis - 1991
Beast and love par Octaedre

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Comment dbuter le test d'un titre culte, adul par beaucoup et port sur la quasi-totalit des bcanes de l'poque ? Comment parler proprement d'un mythe, d'un monument en comparaison duquel le monolithe de 2001 fait figure de brique Lego arthritique ?

Lourde tche, surtout quand on sait qu'il y a 5 fous d'Amiga prts vous sauter dessus chaque coin de message lorsque l'on fait une erreur de date ou une faute de frappe dans le nom d'un des personnages principaux, aux consonances celtico-fantasy assez prononces. Contournons le problme : je teste ici la version Megadrive.



Pour ceux qui sont compltement l'est des dennes, je re-situe : Shadow of the Beast, c'est d'abord un jeu Amiga la base. Un jeu au succs tellement dtonnant qu'il t port sur la quasi-totalit des supports de l'poque, l'instar de son collgue Lemmings deux ans plus tard. On retrouve ainsi un portage Atari ST, Megadrive bien sr, SNES mais aussi Lynx, Master System, CPC, Spectrum ou encore FM Towns (avec une BO magnifique, CD oblige).



L'aspect tonnant est que ces diffrentes versions ont chacune des difficults relativement variables, et l pour la rigolade je teste peut-tre la version la plus difficile, littralement. Ghosts n' Goblins peut aller chialer dans son coin, ici c'est du jeu vrai, dur, blind de testostrone et sentant bon l'hydromel atomique ( dfaut de napalm, on fait avec les moyens du bord).



Shadow of the Beast donc, comme je l'ai srement dj dit (non ? ah bon), est un reprsentant d'un genre aujourd'hui laiss l'abandon dans le no man's land vidoludique : la plateforme 2D old-school jusqu'au fond des cothurnes. Saupoudrez cette recette millnaire d'un soupon d'ambiance Heroic Fantasy tendance lgende celtique et vous obtenez SOTB (pour faire court, c'est ce qu'elles disent toutes).



Pour l'histoire, c'est bien simple : un enfant, Aarbron de son prnom, est enlev ses parents une sombre nuit d'octembre par les mages de l'Obscurit, qui l'lvent dans le temple de Necropolis. Maletoth (le grand mchant, Seigneur des Btes) ralise sur lui des expriences, le transformant progressivement en une crature mi-homme mi-bte, et suite auxquelles il perd ses souvenirs. Mais un jour, aprs avoir t en contact avec une Orbe Magique, il recouvre la mmoire, et dcide alors de se venger de Maletoth et de ses sbires.

Rien que du trs classique comme vous pouvez le constater, mais ce scnario permet aux auteurs du jeu de s'en donner cur joie dans les dcors, le design des objets et des monstres ainsi que l'ambiance gothique souhait, avec des sprites parfois compltement abracadabrants et surtout NORMES, surtout lorsqu'il s'agit des boss.



Et on touche du doigt un des aspects mythiques de SOTB : les graphismes. Le jeu est l'poque de sa sortie un des plus beaux jeux jamais faits, et une prouesse technique. Et encore aujourd'hui, je peux vous assurer que dmarrer le jeu, avec cette musique somptueuse et ces graphismes aux couleurs clatantes, chatoyantes, chaudes (en d'autres mots qui flattent la rtine) reste relativement impressionnant, pour peu que l'on soit sensible la belle 2D.



Colorimtriquement parlant, comparer SOTB n'importe quelle production vidoludique actuelle type Dead Space ou Gears of War ou tout est monochrome (noir plus une couleur) revient comparer le Technicolor flamboyant des premires productions hollywoodiennes en couleur (type Robin des Bois, mais si, avec Errol Flynn) avec la srie des Matrix (ou tout est verdtre et noir) : a n'a pas de sens (je viens de me rendre compte que j'ai pass un paragraphe exprimer un concept totalement abstrait qui ne parlera qu'a une quinzaine de personnes).



Musicalement parlant c'est aussi somptueux. Dans la version Megadrive les musiques de David Whittaker sont bien adaptes et les thmes sont tous aussi bons les uns que les autres (mme si la BO que je prfre dans la srie reste celle de SOTB3, les gots et les couleurs)...

Pour les bugs, on frise la perfection : le portage est vraiment bien foutu, et au niveau gameplay c'est aux petits oignons... Aarbron rpond la patte et l'il, le diriger reste un plaisir sans prcdent, et la maniabilit est parfaitement adapte la manette de Megadrive, c'est un vritable bonheur, aussi agrable et frais qu'une promenade de dimanche matin au bord d'un tang ... plein de piranhas.



Oui parce que quand mme, hein, ho, SOTB c'est un jeu oldies, un vrai de vrai, et niveau difficult a se sent. Ne serait-ce que par le nombre de projectiles et de monstres qui peut y avoir l'cran simultanment (amusez-vous les compter, c'est rigolo, mais c'est mieux en pause ! ah ben voil trop tard vous tes mort), ou encore certaines squences de saut particulirement retorses, ou parfois des nigmes s'arracher les cheveux faon Yul Brynner, ou bien des piges extrmement prouvants pour les nerfs, la manette, la console, le guridon sur lequel elle est pose, voire mme n'importe quelle babiole qui trane porte de main de par leur propension vous ramener l'cran titre (aprs un joli Game Over) sans mettre ne serais-ce qu'une moiti de sommation (on ne vous jamais dit qu'il valait mieux jouer SOTB dans une pice capitonne ?).



Tout ceci n'empche bien videmment pas SOTB d'tre un grand jeu, un trs grand jeu mme. Il faut seulement ne pas tre rebut par la difficult et savoir persvrer (vous voyez, mme moi j'ai russi le finir, ce qui devrait logiquement motiver mme le joueur le plus mdiocre).

Bien videmment, suite aux succs de ce premier pisode, les dveloppeurs mirent trs logiquement en chantier un second, et mme un troisime opus. Et l inopinment je viens de me rendre compte que je tenais le sujet de mes deux prochaines critiques.

Sur ce, il ne me reste qu'a vous souhaiter bon jeu, et un excellent voyage vers Necropolis, en vous remerciant d'avoir choisi Aarbron Airlines. Pour les vols retour vers Ankh-Morpork ou Bywater, veuillez vous adresser au poste 14, correspondance 37B...

Le point de vue de César Ramos :
Gros jeu, Grosse distribution, Gros pnis, Mais petit prix.