Le site que mme Fox Mulder ne veut pas croire.
Earthworm Jim 2
Shiny Entertainment - 1995
Vous prendrez bien un dernier ver ? par Viewtifulink

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Un ver de terre. Un héros de jeu vidéo. Les deux mélangés. Un ver de terre héros de jeu vidéo. Il ny a rien qui vous choque ? Même pas un tout petit peu ? Non ? Bon. Je crois quil faut mettre certaines choses au point. Pour ceux qui ne savent pas, un héros cest quelquun qui vit de grandes aventures. Généralement, un héros de jeu vidéo est un surhomme. Il a des capacités extraordinaires qui lui permettent de passer outre tous les dangers. Il est soit terriblement intelligent soit magnifiquement agile soit fantastiquement fort. Or ici on parle dun ver de terre qui est le héros dun jeu vidéo. Non ? Toujours pas ? Je vois. Donc pour les derniers idiots qui ne le savent pas encore, un ver de terre cest ça :



Ca respire laventure hein ? On sent toute la puissance du personnage là, cette profondeur desprit, ce corps dathlète, ces muscles dacier et ce regard viril. Tout dun héros. Non ? Je vois que vous avez enfin compris, à la bonne heure. Donc oui, un ver de terre héros de jeu vidéo ce nest pas possible. Le ver peut en effet être décrit comme lantihéros par excellence : il est mou et na ni cerveau, ni super pouvoirs. Seulement, Jim, notre héros du jour, il a une combinaison bionique. Du coup, il a un super pouvoir. Et des gros flingues. Il est donc à la fois un ver de terre ET un super héros, tout ça grâce à une combinaison bionique. Si je tenais lidiot qui a dit que lhabit ne faisait pas le moine, je lui rirais grassement à la face tiens. Notre super héros sappelle donc Earthworm Jim, cest un ver de terre et il a la mega classe dans sa super combinaison bionique qui lui confère des supers pouvoirs. Rien que ça, on sent quon va rire.



Rire, cest bien le mot. Car oui, Earthworm Jim 2 est poilant ; on se fend la margoulette du début jusquà la fin. Ce jeu est une ode à lhumour, bien plus que le premier dailleurs (oui parce que le 2 à la fin du titre ce nest pas un effet de style, ça veut dire que cest la suite du numéro 1, que vous a-t-on appris à lécole ?). Earthworm Jim 2 ne se contente pas dêtre une simple suite du premier opus des aventures du lombric bionique : il corrige ses défauts les plus flagrants pour en faire une bombe vidéoludique. Ainsi, la première différence notable entre les deux jeux est lambiance qui y règne. En effet, même si lhumour était très présent dans Earthworm Jim premier du nom, ce dernier conservait une atmosphère sombre et plutôt axée adulte. Dans le second épisode, on a affaire à un univers beaucoup moins mature, plus cartoon. Les personnages sont beaucoup plus expressifs, le nombre de « répliques » et de mimiques de Jim sest considérablement agrandi. Les niveaux sont plus colorés, moins sombres ; Jim est beaucoup plus clownesque. Ajoutez à cela une animation sans faille et très vite vous atteindrez lextase. De même, les musiques sont plus joyeuses et surtout plus nombreuses. En effet, on retrouve moins souvent la même musique dans les différents niveaux : presque chaque niveau a sa propre musique, ce qui permet de mieux simprégner de lambiance propre à chacun deux. Certes on pourra trouver lenvironnement musical moins rock que celui du premier opus mais la qualité reste au rendez vous, notamment avec quelques musiques classiques bienvenues. Ecoutez un peu la musique du niveau « Villi people » pour voir. En clair, Earthworm Jim 2 est un régal pour les yeux et les oreilles.



Cependant la réussite esthétique ne fait pas tout (Même le plus beau des aquariums lasse au bout de trois quatre heures de visionnage. Si si : essayez). Pour prendre conscience de lampleur de la puissance de ce jeu, il faut aussi se tourner vers le gameplay et le level design. Et de ce côté, on a affaire à du lourd, du très lourd, aussi lourd que le cousin Justin quand il essaye vainement de se taper la cousine Marguerite au mariage de loncle Albert : on sest pas foutu de votre gueule. Jim na pas glandouillé entre les deux opus : il sest entrainé dur, le bougre. Sentrainer signifie devenir plus fort, plus rapide mais aussi acquérir de nouvelles aptitudes. Ses nouvelles capacités, Jim les doit à un machin vert gluant non identifié quil sest fait greffer dans le dos. Ce flubber a deux utilités : premièrement, il remplace la tête hélice qui permettait à Jim de planer après un saut par un parachute certes moins amusant mais plus facile à enclencher. Ensuite, et cest le point le plus important, il peut servir de grappin. En appuyant sur le bouton A lors dun saut, flubber se déploie et peut saccrocher à des taches de slime au plafond pour sy balancer comme au bout dune corde. Je sais, dis comme ça cela fait un peu je me sers de mes crotte de nez comme dune liane alors que ce nest pas du tout comme ça dans le jeu. En fait si ça donne exactement cette impression mais je men voudrais de vous dégouter dun si bon jeu avant même que vous ny ayez touché alors on va faire comme si.



Jim ne sest pas juste entrainé, il a aussi fait les courses. Là où dans le premier opus on navait quun seul petit flingue malheureux avec un pauvre upgrade qui reniflait un peu de larrière train, on a maintenant affaire à tout un arsenal foutrement garni. De la main tri-mitrailleuse à la bombe ultime en passant par le pistolet à bulle totalement inoffensif, inutile et donc à ce titre absolument indispensable, il y en a pour tous les goûts. A vous les joies du zigouillage massif dextraterrestres et autres corbeaux dans lallégresse et la bonne humeur.



On pouvait reprocher au premier opus la longueur de ses niveaux. Ils paraissaient certes originaux au premier abord mais il fallait bien avouer quau bout de quelques minutes, perdu dans un dédale qui semblait sans fin, on semmerdait un peu pour être honnête. Les niveaux du second opus sont assez longs pour avoir le temps de simprégner de lambiance tout en étant assez courts pour éviter la lassitude. Jim se dirige avec aisance dans des niveaux aux multiples surprises et autres coins secrets. Car oui, le jeu vous réserve quelques surprises. Outre les gags toujours de très bons goûts comme les vaches explosives ou les bureaucrates sados masos, chaque niveau décèle des pépites de game design. Des bonus cachés, des missions différentes à chaque fois, gameplay renouvelé, des cheat codes foireux Autant de moyens peu honnêtes trouvés par les développeurs pour vous empêcher de lâcher la manette. Et force est davouer que cest bigrement réussi.



En clair, Earthworm Jim 2 a tout dune bombe : graphismes scintillants, musiques fabuleuses, humour caustique, niveaux ingénieux et gameplay parfaitement huilé. Ce nest pourtant pas le jeu parfait, et ce pour une seule et unique raison. Si vous avez lu mes précédents tests, vous savez dores et déjà que je suis maudit : mes jeux préférés ne sont jamais doté dun quelconque système de sauvegarde ! Une vingtaine de niveau et même pas le moindre petit système de mot de passe. Et ça, quand on na pas le droit de beaucoup jouer « Parce que demain il y a école, tas des devoirs et en plus tas déjà regardé les Minikeums et ce soir on sait que tu voudras voir Batman après les infos », cest pas cool. Pas cool du tout. Surtout pour un si bon jeu. Et ce nest pas la version GBA buguée jusquà la moelle qui changera cet épineux problème. Que cela ne vous empêche pas toutefois dacheter ce jeu, il faudrait être mad, ou très con, voire les deux même pour sarrêter à ce genre de détails. Et puis nous sommes des oldies aguerris, pas des morveux : finir un jeu dune seule traite ça sest fait et ça se fera. Alors faites pas chier et achetez, cest un ordre.




Le MU du jour

Oui, Earthworm Jim contient un mythe. Une séquence fantastique qui ma fait rêver étant gamin et qui me fait toujours rêver. Je me souviens encore ces mercredis après midi où un ami passait à la maison et où nous jouions à EWJ 2 dans un seul et unique but : jouer au niveau Puppy Love. Nous avions même recherché le code pour choisir son niveau uniquement pour ce niveau.



Le principe ? Il est simple : dun côté la maison du grand méchant qui a kidnappé une tripotée de chiots, de lautre côté la maison du « gentil » papa chien. Au milieu, Jim, qui na rien demandé. Il est équipé dun pouf aux propriétés élastiques assez surprenantes : un chiot lancé à une hauteur x et rebondissant sur le pouf remontera à laltitude x et ce quoi quil arrive. Voilà une règle de mécanique qui ravirait bon nombre détudiants en filière scientifique. Bref. Le grand méchant est à tendance sadique : il adore jeter des petits chiots par la fenêtre, le fourbe. Le boulot de Jim est, à la manière dun Fire de la grande époque, de faire rebondir les petits chiots jusquà leur paternel avant quils ne séclatent contre le sol et que papa ne vienne vous défoncer votre sale gueule de ver pour vous expliquer que quand on essaye de sauver ses enfants, on le fait bien. Il est dailleurs bon de noter que papounet ne fera pas subir le même sort au dognappeur alors que ce dernier prend un malin plaisir à envoyer lobjet de son larcin par la fenêtre. Jai toujours pensé que les chiens étaient étranges.



Outre la qualité évidente qui incombe à un clone dun game et watch aussi bon que Fire, le mythe de Puppy Love tire sa saveur dajouts délicieusement funkys. De un : la musique est une tarentelle divinement entrainante et correspond parfaitement à lambiance. De deux, et cest là laspect le plus important, jadore le bruit du chiot se démembrant dans une explosion verte et gluante lors de sa rencontre avec le sol. Jaime ce proatch, si typique du « ha putain je viens de marcher sur un nid de limaces ». Jaime cette animation qui vous donne limpression que les chiots ne sont que des bombes à morves. En bref, voir crever ces mignons petits clebs était et est une source de plaisir intense. Ce quart de seconde où les canidés disent au revoir à leur morne existence justifie à lui seul lachat du titre.



Jai toujours préféré les chats.

Le point de vue de César Ramos :
Moyennement commun, toujours trop cher...