Le site qui ne ramnera pas Marie Trintignant.
Mortal Kombat II
Acclaim - 1994
Test your might par Fungus

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF


A l'heure o le monde semble s'effriter entre nos mains comme un vieux quatre quarts breton que l'on aurait oubli dans le coin d'un placard, o tous nos repres sont chambards comme les boules d'un loto du dimanche et o mme nos plus sacro-saints refuges sont souills par le stupre et l'infamie, il est salvateur d'une part de ne pas abuser des phrases virgules et d'autre part de se rattacher des valeurs inbranlables -et je baise mes mots- qui traversent nos sicles sans voir leur clat ternir sous l'effet de la mdiocrit ambiante. Comme se taper sur la gueule avec son prochain, par exemple. Je ne parle pas bien sur de la vulgaire empoignade parce que ce connard de Mougeot a encore pass la tondeuse un dimanche matin 9h00. Non, il s'agit ici de la transcendance des mes par les phalanges sur le nez, la catharsis des maux par le coup de talon dans les incisives. Organisons un combat. Tiens, un combat mortel pour ne pas faire les choses moiti. Et quoi de mieux qu'un petit Mortal Kombat II sur Super Nintendo pour parvenir nos fins. Le monde est rudement bien fait finalement.



La saga Mortal Kombat, c'est un peu l'autre pays du fromage. O l'uppercut et la boule de feu remplacent le gouda et la tranche d'dam. Le premier titre de cette famille d'quarrisseur fut la rponse de Midway au Capcom fanfaronnant du dbut des annes 90 avec son arrogant Street Fighter II qui dchainait les passions et la production d'antipileptiques. Une rponse qui jouait la carte du challenger en porte--faux puisque lorgnant plus du cot de la srie B sanguinolente que de la dmonstration martiale rigoriste. Un choix plutt judicieux pour les paralytiques de la manette comme moi, qui misaient plus sur l'ambiance et les effets thtraux que sur la prcision et la maitrise technique. Et puis de toute faon c'tait la manette qui dconnait. Parce que soyons objectifs, Luc Besson est un ralisateur largement surcot. Soyons objectifs et revenons notre sujet sans digresser : les Mortal Kombat n'ont jamais fait jeu gal leurs coreligionnaires de chez Capcom ou SNK. Pour compenser ces carences techniques, les dveloppeurs ont fait contrepoids en misant sur le grand guignol pour notre plus grand plaisir. Du mien tout du moins.



Mortal Kombat II, le retour. Un titre qui sonne comme une affiche de film bis. A juste titre. On nage mme dans une production Roger Corman ou peu s'en faut. Quoi de neuf depuis l'pisode prcdent ? Du changement dans la continuit en fait. La situation politique entre l'Empire du Mal et les Forces du Monde Libre est au statu quo, chacun campant sur ses positions. L'aile droite radicale mene par Shao Khan s'oppose tout compromis quant ses vises expansionnistes sur notre monde et la coalition mene par Liu Kang poursuit une campagne pour stopper le rarmement de la Rhnanie ou peut-tre que je mlange et digresse dangereusement. Quoi qu'il en soit, vous tes cordialement invits participer de nouveau au tournoi de l'Autre Monde et ceci en veillant respecter les quotas de gros rouge vers, on a une audience satisfaire. Et pour assurer le spectacle, on a dbauch 12 intermittents plein d'entrain dont certains sont loin d'avoir des gueules de porte-bonheur.



Une suite, c'est l'occasion de renouveler la gamme ou du moins de rafraichir les peintures. Aux rayons des nouveauts, il y a du mouvement au sein de la fine quipe des distributeurs de caramels. Des sept rigolos de l'pisode prcdents, on a renouvel le contrat de 5 et on leur a adjoint sept nouveaux petits camarades de jeu. Procdons une rapide revue d'effectifs. Nos amis Keno et Sonya s'tant btement fait capturer (ils apparaissent nanmoins en position christique dans le fief de Shao Khan, en arrire-plan), ils sont remplacs par Reptile, un clone de Sub-Zero/Scorpion avec des cailles ; Baraka un vilain chauve aux dents en inox et couteaux dsosser dans les avant-bras ; les soeurs Mileena et Kitana aux cuisses dnudes et ustensiles tranchants ; Shang-Tsung le chinois mtamorphique dsormais jouable ; Kung Lao, un moine au borsalino affut et Jax, le boxeur bio-ionique - oui, j'utilise cette orthographe en hommage Steve Austin. Que du beau linge ou peu s'en faut. Viennent se greffer ce petit groupe des personnages cachs (non jouables), plus ou moins issus de dlires thyliques de programmeurs. Le reste est quant lui plus convenu, un classique affrontement mano mano jusqu'aux seigneurs de guerre responsables de tout ce merdier, les bien nomms Shao Khan et Kintaro.



Mais peu nous chaut les subtilits - ou plutt leur absence - des modes de jeu. Si on enfourne virilement une cartouche estampille Mortal Kombat toutes babines humides, c'est bien pour une chose et une seule : tartiner le moindre arpent de mur de flots vermillons. La saga a presque exclusivement acquis sa notorit avec sa propension payer gnreusement sa tourne de Saint Emilion. Pour cette seconde fourne, le jeu ne faillit pas sa rputation et ouvre grand les vannes.



On peut mme dire que niveau vivisection, les dveloppeurs n'y vont pas avec le dos de la louche. Faisons un petit calcul : si l'on met de cot les coups qui enlvent dj quelques litres de picrate chaque voyage, on a tout de mme deux fatalits livres de srie avec chaque combattant, ce qui nous fait la somme rondelette de 24 faons d'accommoder la viande crue. Ajoutons au menu trois environnements utilisables pour saloper le cadavre de vos adversaires (des pieux au plafond, un chute mortelle d'un pont et un bassin d'acide) et vous aurez votre disposition moult moyens d'pancher vos dviances carnivores. Mais le plaisir ne s'arrte pas l. Les petits vicieux de chez Scultural Software ont fait carburer la machine conneries pour nous rgaler d'innovations aussi inutiles qu'indispensables. Aux cots des dsormais lgendaires falatities, dbarquent les babalities et les friendship. Ques aco ? Les premires vous permettent de transformer le vaincu en nourrisson (sur lequel on ne peut malheureusement pas enchainer sur une fatality). Idiot mais dlicieusement humiliant. Les friendship quant eux se manifestent par un cadeau offert l'adversaire ou tout simplement votre personnage qui en profite pour faire le con (tel Liu Kang sortant la boule facette pour danser le disco). Une rumeur courrait l'poque sur la prsence de sodomities dbloquer mais rien n'a jamais pu tre prouv jusqu' prsent.



Voil donc le postulat de ce Mortal Kombat : du sang et de la drision. Et le duo fonctionne assez bien in fine. On s'est un peu cart de l'univers folklorique noir de l'pisode prcdent au profit d'une ambiance lgrement plus dcale l'image de certaines productions de srie B. On viscre en rigolant, on dmembre pour la dconne. Un esprit "pour de rire" entretenu par la fameuse voix grave, dlibrment exagre pour coller l'ambiance globale. Assez rapidement, on se prend au jeu - c'est le cas de le dire - pour devenir autant spectateur que joueur/acteur. Ce qui ne pousse plus finalement chercher le combo le plus efficace ou la contre-attaque la plus redoutable mais plus faire du carpaccio avec les roubignoles de votre vis--vis de la faon la plus bouffonne et poilante.



Pour autant, le jeu n'a pas t ralis par dessus la jambe. On peut toujours palabrer sur les choix artistiques du prcdent opus - comme les digitalisations d'acteurs qui font rires nos enfants - mais reconnaissont que le jeu avait une gueule bien lui. De la dark fantasy rococo certes mais en parfaite adquation avec l'ambition de coller cet esprit de cinma populaire. Mme menu pour la suite donc, avec du dessert en plus. Des aires de combat plus varies, des combattants plus fins - enfin, faon de parler -, plus d'effets, plus de sang et de fatalits dgueulasses et une recette avec encore plus de ppites de chocolat ou bien je commence de nouveau digresser. Que du bonus vous dis-je. Tenez, la bande-son est elle-mme au diapason, contribuant parfaitement avec cette ambiance poisseuse de carton pte. Ajoutez des bruitages et des cris du mme tonneau pour complter le tout et c'est du bonheur tartiner. C'est d'ailleurs dans cet pisode qu'apparait le lgendaire Dan "Toasty" Forden, dsormais pass la postrit. On relvera tout au plus des fatalits qui rechignent sortir facilement mais aprs tout, le prcieux grenat n'est que la rcompense des mritants.



Ce Mortal Kombat reste celui d'une autre poque, celle d'avant la pente savonneuse sur laquelle s'est aventure la srie jusqu' la grande dgringolade, amorce ds l'pisode suivant qui lorgnait dj goulument vers le n'importe quoi. Mais baste, nous avons ici un produit quilibr, au nez fin et avec un caractre fort et de fins armes boiss ou bien je digresse une fois de plus. Le jeu est fun en diable et sait rester stoque face au souffle froid des ans qui passent et qui, sans possder la finesse de la concurrence, se rejoue avec plaisir, ne serait-ce que pour pancher nos sadiques soifs de sang. Car vous en avez, ne baissez pas le regard, en tmoigne encore ce matin au bureau avec ce connard de Mougeot qui ne vous a pas donn toutes les pices du dossier Gonzalez. Si vous ne faites pas partie de cette obscure caste d'amateurs de jeux de combat qui abordent une partie de Street Fighter avec la rigueur d'un bilan comptable, Mortal Kombat II saura se trouver une place lgitime dans votre collection. Malgr les errements de la saga au cours du temps, on reste en prsence d'un pilier du genre et je ne parle pas du gros Andr qui se bat avec la clientle le samedi soir au bar PMU de la banlieue de Bthune. Mais je digresse peut-tre un peu.



Bonus : un petit florilge des diffrentes mises mort. Attention, a tache.















Le point de vue de César Ramos :
Le succs de la licence aidant, un jeu commun pour bourses modestes.