Le site qui sait o est Charlie.
Road Riot 4WD
THQ Software - 1992
Fausse route par Fungus

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Mfie-toi des ides de Mars disait-on Csar avant que celui-ci ne nous quitte victime d'une overdose de bronze. De tous les trucs que les romains ont pu piquer aux grecs, le sens de la tragdie est probablement le plus intressant. Les soupirs de Nron face une Rome chauffe blanc, la chute pathtique de Caligula (a-t-on ide de tenir les rennes d'un empire en s'appelant "petite godasse"), les rpressions sanglantes de Caracala ou la mgalomanie de Commode, faites votre choix. Indniablement un terreau fertile en lgendes historiques, fictions thtrales, fresques cinmatographiques, bandes-dessines, T-shirts, pin's parlants ou mugs dcors.

Quel rapport avec le jeu qui nous concerne ici ? Aucun. J'avais juste besoin d'une introduction et l'inspiration se faisait avare. C'est une escroquerie.



Pouf pouf. Road Riot 4WD. En voil un jeu qui a une histoire. En fait non. C'est dsesprant. L'histoire derrire ce jeu n'est en fait qu'un triste vagabondage dans la pampa girondine une dimanche matin incroyablement quelconque. Une fois de plus je fus abus par l'annonce d'une brocante qui ne se rvlera tre qu'une triste range de trteaux offrant des reliques d'une poque s'tant teinte la mort de Pompidou. Je soupire. D'un autre cot sachons relativiser, cela pourrait tre pire, je pourrais tre dans le Mdoc. Aprs un stand tenu par un homme du peuple dont le visage trahissait une apptence pour le mauvais vin et proposant des jeux Game Boy ayant visiblement effectu un sjour dans un champs de betteraves, je dcouvre in extremis une modeste pile de jeux Super Nintendo sur la misrable planche de bois clturant ce triste dbarras : Robocop 3, Dragon Ball Z et Road Riot 4WD. Au diable l'exigence, je prends. Soupir.



Que me promet l'tiquette de ce titre dont j'ignore tout ? De folles poursuites entre vhicules se riant des voies goudronnes et de la lgislation sur les armes feu. Course et bourrage de gueule. Beau tableau en perspective. Je suis client. Mais ces fols espoirs, c'tait avant le drame. Drame qui aura t en fait d'enfourner la cartouche dans la console et d'allumer cette dernire. Sainte Mre de Dieu, qu'ai-je donc fait.

Si je devais concder une faiblesse, je veux dire, autre que la pdophilie, ce serait la navet. Au point d'avoir vu dans cette modeste cartouche un possible ersatz de Street Racer, l'ambition en moins peut-tre. Une rfrence du genre qui illumine sa seule vocation un kalidoscope d'images folles dans la tte. Las. Si Street Racer tait un Bordeaux Pessac-Lognan, Road Riot n'en serait que le dpt, celui qui reste au fond du verre et qui pique la langue quand vous tes assez con (ou francilien) pour le gouter. Road Riot 4WD est donc un truc qui pique et pas qu'un peu. Mais reprenons les choses par l o elles commencent voulez-vous.



On parle de buggies et de pruneaux dans le groin. Grosso modo. C'est du moins ce qu'il m'a sembl. On va dire qu'il s'agit d'une vague course de vhicules ressemblant vaguement des quads pouvant se tirer vaguement dessus. Je sais, c'est vague. Ceci tant, ayant affaire une chose ressemblant vaguement un jeu, on retombe sur nos pattes d'une certaine faon. Vaguement. Dieu qu'il va m'tre pnible de donner de la consistance cet article.

Mais soit, je suis un dur au mal. L'autre jour j'ai mme regard un clip de Christophe Ma. Et puis j'ai pay pour cette saloperie, merde. C'est une question de principe. Assaisonne d'un zest de btise peut-tre. J'appuie avec vaillance sur le bouton start et entame ce qui ressemble vaguement un mode championnat. Choix du niveau, premier cueil. Un panel de lieux associs l'image d'un hte indigne s'offre moi : un esquimaux pour les terres geles dAntarctique, un redneck crtinode au-del du raisonnable pour l'Amrique sudiste, un vague Elvis pour Las Vegas, j'en passe des vertes et des franchement tombes de l'arbre. finesse. Peu importe, continuons. Dbut de course. Et l... Pardonnez-moi de rudoyer les oreilles chastes mais : putain de bordel de merde.



Je suis l, l'air hagard, les yeux carquills, le maxillaire pendant, sans qu'aucun son ne puisse sortir de ma gorge. Durant un instant, je flotte dans une sorte de bouillon d'irralit, o bruits et couleurs s'entrechoquent sans raison ni sens. Une sarabande compose par un alcoolique, chorgraphie par des myopathes. C'est laid. Au-del de ce que devrait endurer la rtine d'un contribuable moyen. En toute franchise, je ne pensais pas qu'un dveloppeur puisse avoir les bullocks de proposer un truc pareil. Respect. Enfin, faon de parler. Mais la cerise sur le cageot reste venir, tel un coup de grce sur un animal malade.

Accrochez-vous aux poignes, il risque d'y avoir du vent. Car d'entre de jeu, l'cran est scind en deux. Comme a, sans pravis, jeun. Ai-je prcis que nous sommes en mode un seul joueur ? Voil, c'est fait. Je tressaute dans un discret hoquet hystrique. Ahem, si vous me passez l'expression. Dans un clair de dmence qui aura t confondu avec de l'inspiration lumineuse, le dmiurge aux commandes de ce machin aura jug pertinent de rserver la moiti de l'cran un vhicule contrl par l'ordinateur. 50% pour un putain de CPU. Un cognac vite, mes nerfs me lchent. Ds lors, russir focaliser son attention sur la conduite se son vhicule lors d'une course relve de la gageure oculaire de haut niveau.



Et le chemin de croix ne s'arrte pas l. Tendez l'autre joue, il y a un second service. Pass le choc visuel on reprend ses esprits et on tente de tirer un minimum d'interactivit de cette crotte colore. C'est l que les choses se compliquent, si tant est que ce soit techniquement possible. Road Riot 4WD n'est pas seulement ignominieusement laid : sa jouabilit est une marelle sur le bord du gouffre de la draison. C'est bien simple, j'ai connu des brouettes de briques qui se maniaient avec plus de souplesse. Votre vhicule oscille de faon erratique entre le bloc de ciment et l'lphant de mer pass la vaseline. J'ai cru l'espace d'un instant que le mode dmonstration tait enclench avant de raliser que c'tait bel et bien moi qui tenait le volant du ridicule petit tas de pixels l'cran. D'autant que les mcanismes du jeu et la construction des circuits voquent tout sauf la subtilit. On exige ici de vous ce que l'on exigerait grosso modo d'un chimpanz dress ou d'un supporter du RC Lens. Une course se rsume une bte succession de virages sans grce, la limite du Quick Time Event. Risible en dtruire ses sous-vtements. Du moins en ce qui vous concerne. Parce que moi, je ne ris pas. Pas de quelque chose pour lequel j'ai donn de l'argent, aussi modeste soit-il. a vous fait marrer tas de cons ?



Je... je ne sais plus. Je ne.. je ne sais mme pas si j'ai rellement jou ce ... cette chose... ce remugle de toilette de bar de l'Enfer. Peut-tre. De quoi peut-on tre certain en dfinitif ? Je ne suis peut-tre qu'un chtaignier qui rve qu'il joue ce jeu. Ou ai-je peut-tre seulement besoin de sommeil et il faut que j'arrte de faire de la posie automatique.

Quoi qu'il en soit il est grand temps que je mette un terme cette triste pantalonnade. La simple esquisse d'une pense critique est dj trop accorder ce jeu. C'est dire si je suis all trop loin dans la concession en terminant un championnat tout entier. Un dur au mal vous dis-je. Mais l, c'est plus que je ne peux en supporter. Plus encore que la fois o j'ai utilis des toilettes d'autoroute. Mentionner la seule existence de ce torchon merdeux est trop de crdit port son gard. Nous ne sommes qu'en prsence d'une fade djection du titre d'arcade dont il est tir. Le possder est dj faire un premier pas dans le jardin de la souffrance. Et par extension, je viens de voler cinq minutes de votre vie. Que je ne vous rendrai pas. C'est une escroquerie.






Bonus : le trombinoscope des gracieux htes chez qui vous ferez chauffer l'asphalte. Une invitation au voyage.




Tu n'es pas en terre amie, tranger


Le point de vue de César Ramos :
Au moins, c'est pas cher.