"Are you a bad enough dude to visit this site ?"
Goldrunner
Microdeal - 1987
Et ma tagline, je marche dessus. par Petemul

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Qu'est devenu Romain B. ? Si vous vous en foutez, c'est que vous n'tes pas moi, ce qui est quelque part rassurant. Mais si vous tes moi, alors vous savez qui est ce jeune homme, qui doit tre aujourd'hui un smillant trentenaire. A l'poque du collge, Romain B. vivait avec sa mre non loin de mon modeste logis ; il faisait du tennis, se faisait amener l'cole en Ford Orion dcapotable par une gnitrice ma foi fort baisable en y repensant avec mes yeux d'adulte, et surtout, il possdait un Atari 1040 STF. Mon Dieu... combien de samedi aprs-midis ai-je pass en sa compagnie, dans sa chambre, mains sur nos joysticks respectifs, pousser des rles d'motion ? S'il ne fut pas le premier me laisser faire joujou avec sa bcane, il restera, de mes copains d'alors, l'un des plus marquants. Au logis familial, en cette poque, aucune de ces machines modernes, le salut tait ailleurs. Et Romain m'aura sinon dpucel vidoludiquement, au moins appris la vie, les bases, les premiers jeux sur lesquels j'aurai tent un dbut de perfectionnement, de suivi - la diffrence d'autres aprs-midi chez d'autres camarades qui ne se rsumaient qu' des essais en one-shot. Bref, mes premiers mois qui durent. Pour la petite histoire je lui rendis la pareille, quelques mois plus tard, dans cette petite ferme domaniale o nous passions nous vacances conjointes en lui apprenant la masturbation, ce qui nous loigne de notre sujet.



J'tais Atariste convaincu, simplement du fait que personne autour de moi n'avait un Amiga. A tel point que quand mon pre dcida de munir la famille d'un ordinateur, je militais farouchement - jeune con - pour cette marque, videmment en vain vous imaginez. Bon, pas grave, on aurait un PC, je pourrais copier les disquettes d'un autre copain, le mal est moindre. Ah non, finalement on aura un Mac. Chiotte. Du moins en apparence mais c'est une autre histoire.



Bref, Atariste convaincu, et Romain ayant toute une tripote de jeux, je plongeais dans le vidoludisme avec dlectation. Je n'ai mme plus la mmoire de tout les titres, mais certains ont imprim mes souvenirs jamais : soit pour leur mode multijoueur jouissif (Double Dragon, mon Dieu ! Gauntlet II, rh lovely !!) soit pour un truc qui claque dans le bide une fois pour toute et qui y reste scotch pour l'ternit. Une ide de gameplay, une animation folle, ou plus souvent, videmment, une musique. Et si je vous dis "Rob Hubbard", l vous pigez tout de suite qu'on entre dans le domaine de la lgende.



Romain a chang de collge, est parti sous d'autres cieux, emportant ses prcieuses disquettes, mais jamais, oh grand jamais je n'ai oubli le thme de Goldrunner. Et mettez-vous dans le crne qu'il n'y avait pas d'internet cette poque pour nous faire des piqres de rappel. Non, si j'ai gard cette mlodie fidlement en tte pendant plus de 15 ans, c'est bien que nous touchons au mythe. Ecoutez-moi a ! Tout le chiptune de la grande poque. Une basse hypnotique, une rengaine remplissant parfaitement son rle de scie musicale, des sonorits grasses, tout y est. Je crois bien qu'on se le lanait uniquement pour a.



Parce que pour le reste c'est un peu plus mystrieux. Nous ne passions pas beaucoup de temps sur Goldrunner. Le jeu tait dur. Beau, mais monojoueur, donc mme en se relayant, bon, a va cinq minutes. Au moins on pouvait admirer le spectacle. C'est que Goldrunner est joli, oui, mme sur un Atari, je sais, a choque. Voix digitalises, graphismes soigns, yabon.



Qu'est-ce donc au fond que Goldrunner ? Un shoot-them up vertical. Ah. Sur un scnario accessoire, nous allons donc devoir encore et toujours tout pter. Eh bien vous ne croyez pas si bien dire. L'objectif de Goldrunner n'est pas de suivre un scrolling impos en pulvrisant des vagues d'aliens jusqu' un boss final, pas du tout mme. Dans Goldrunner, il faut pter le dcor. Si si. Des vaisseaux viendront vous emmerder bien sr mais votre objectif, c'est le dcor. Ah. Donc libert totale, panard, si vous oubliez un morceau derrire vous, le niveau est infini donc pas de souci. Youhou.



Les diffrences avec un shoot-them-up classique ne s'arrtent pas l. Ici, pas d'upgrade : on commence gros bill et on perd des niveaux de tir mesure que notre sant s'amenuise. Exit aussi le scrolling impos : vous allez dans les deux sens la vitesse que vous voulez ! Ce qui nous donne au passage deux choses bluffantes : un scrolling hyper rapide et nerveux (scotchant pour l'poque et la machine) et une superbe animation lors des retournements, toute en douceur et dcompos velout. Oui je suis pote mes heures. Ensuite, les boulettes ennemies sont lentes, trs lentes. Faciles viter ? Non, parce qu'elles ont une certaine inertie en fonction de la vitesse du vaisseau qui les lance, et suivent un peu l'lan gnral. Difficile dcrire, mais en gros, alors que vous tes trs maniables, vous allez toujours les retrouver sur votre chemin... Alors la tentation est grande de lancer un boost et de fuir quelques mtres plus loin. Sauf que non ! Si vous faites a sans avoir reconnu le terrain avant vous courrez au crash dans ce fameux dcor et ses buildings. Certes vous ptez les trucs au sol, soit, mais attention : certains btiments sont indestructibles (ils ont une ombre plus grande, montrant qu'ils sont plus "haut") et vous risquez de vous emplafonner comme un ours bourr la bire dessus. Et c'est la mort, brutale, dfinitive, avec tout le niveau recommencer.



Et d'ailleurs, comment sortir d'un niveau cyclique, infini, sans boss de fin ? Ah ha... bonne question. Trs trs bonne question. Vous n'imaginez pas quel point c'est une EXCELLENTE question. Tellement excellente que Romain et moi n'en avions pas la rponse.



Oui. Vous avez bien lu. J'ai pass des aprs-midi entires sur ce jeu sans JAMAIS dpasser le premier niveau. Pour une raison simple : nous ne savions pas comment. Et pas d'internet. Et nous n'avions peut-tre mme pas essay le minitel, je ne sais pas pourquoi, on prfrait lancer un autre jeu que de perdre dix minutes chercher. Une autre poque... Donc j'ai vcu 15 ans sans connatre autre chose que le premier niveau, et les aperus des niveaux suivants dans la dmo de l'cran-titre. Nous faisions du scoring, point. On se disait qu' force un truc se passerait... Eh bien oui. Effectivement, quelque chose se passe. Au bout d'un certain nombre de btiments dtruits, une icne disparat dans vos cadrans de bord. Et ? Et rien.



Ce n'est que lorsque j'ai mul ce jeu, fbrilement, la bave au lvres, Rob Hubbard fond, et que je me suis rencard sur internet que j'ai compris. Mon Dieu. Aprs tant d'annes jouer les Danades, la lumire du Seigneur m'apparat : un des putains de gros btiments de merde du dbut n'est autre qu'un hangar. Dans lequel vous vous crotez comme une merde en dbut de partie, mais une fois ladite icne disparue, c'est tout simplement la porte vers les niveaux suivants.



Bande d'enfoirs de merde. Misrables remugles de casum, pustules scrofuleuses et grappes de bubons colls au cul de Staline un soir de gastroiovsky-entritovska. Evidemment qu'on allait plus jamais lui rentrer dedans, ce hangar de mes deux, comment vouliez-vous qu'on sache que ce truc qui nous tue au moindre contact ds les premires secondes, et que donc on vite sans mme plus le regarder au bout de trois ou quatre parties, est le point viser ensuite ? CONNARDS !! FUMIERS !! SALAUDS !! DENTISTES !!



Mais sinon, Goldrunner est un excellent petit shoot mignon, gai et primesautier, la ralisation coquette et au charme fou. Et la difficult d'outre-tombe, au passage. Bisous.
Le point de vue de César Ramos :
Comme la plupart des jeux Atari : peu cher, prsent en lots...