PATRICK ROY EST MORT ??!?
Fruity Frank
Kuma Computers - 1984
Sous les pavs, les fruits par EcstazY

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Il y a de ces jeux comme a, sans payer de mine, qui changent l'horizon de milliers de joueurs. A une poque o la production de jeux est encore fertile et amateure, l'adoption d'un petit jeu venu de nulle part par les masses est peu vidente. C'est pourtant ce qu' fait Fruity Frank. Tous les possesseurs d'Amstrad ou quasiment le connaissent, tous ont dja achev au moins un stick de hargne, tous ont dj bauch les blockhaus les plus tratres pour tuer la fraise... Des sensations universellement reconnues comme parfaites. Analyse d'un phnomne.



Fruity Frank, c'est d'abord un concept la con. Oui, les plus grands jeux sont ceux que l'on prend en main instantanment, sans passer des heures dans le manuel, la calculatrice la main, l'alka seltzer dans l'autre. L, un principe enfantin : ramasser des fruits en vitant les mchants. Simple et de bon got. Pour cela, des niveaux en style "Boulder Dash", une vue "de profil 3/4". Oui, a ne veut rien dire, mais pas de chichi, l'ide est l. Notre hros, Frank, doit donc faire des galeries pour remplir son panier de cerises. Chemin faisant, on va rencontrer des monstres qui se baladent eux aussi dans ces mmes galeries. Et la progression est stoppe par des pommes, qui obstruent les voies. On passe au tableau suivant aprs avoir ramass tous les fruits du tableau. C'est vritablement comprhensible par tous. Si vous n'avez pas compris, pensez quand mme consulter, mieux vaut prvenir... Comment a cela voudrait aussi dire que mon explication est vaseuse ? "Ah ah, jeune prtentieux", vous rtorquerai-je en vous tapotant le lobe de l'oreille.



A l'amorce de la disquette, le dsormais clbre logo de la pomme en fil de fer Amstrad avec des milliers de couleurs (Des dizaines, hein ? C'est un Amstrad....). Les fans vous le diront : bon sang ce que l'attente de cette pomme est longue... On perd au moins 5 secondes de jeux ! Oui, mme en 1984 l'attente tait difficile. Puis c'est l'cran titre. On choisit la vitesse du jeu et c'est parti. Le premier niveau, que j'assimilerai un champ est superbe. Les couleurs sont assez contrastes, et du plus bel effet. Frank est l. Le panier arm la main. On regarde l'cran. Oui, c'est un simple tableau, ce qui permet de donner toute la sauce, niveau graphisme. Oui, on a pas attendre le scrolling, en bloquant la palette, en supprimant des couleurs. On a donc droit des sprites relativement beaux, vraiment colors. Bien sur, c'est de l'animation Amstrad, donc 2 sprites. Mais c'est bien ralis. Le dcor est lui compos d'une mosaque du plus bel effet. Un mme sprite rpt l'infini, comme les mosaques d'Escher (oui, qui a dit que l'on apprenait rien sur ce site). Les diffrents dcors sont au nombre de 10, puis c'est la classique boucle. Oui, nous sommes sur Amstrad en 1984, il ne fallait pas s'attendre ...



On dirige donc notre petit bonhomme avec le stick. Personnellement je n'ai jamais pu jouer au clavier, vu que l'on ne peut pas choisir ses touches. Et celles par dfaut ne me conviennent pas. Mais c'est une autre histoire. Notre petit hros se dplace avec aisance, au doigt et l'oeil. Avec le bouton d'action, il lance la noisette contenue dans son sac. Elle ricoche dans les galeries, au mieux jusqu' un ennemi, au pire jusqu' l'infini, car sur Amstrad les calculs sont plutt tonnants. Ainsi une noisette peut partir droit sur un hamburger (our moi c'est l'ennemi de base, celui qui sort du trou, mais j'en parlerais au paragraphe du dessous) mais le froler dans la galerie un pixel prs. La noisette va donc continuer sa route, et se bloquer en rebondissant un mme endroit. Et on n'a pas de nouvelles noisettes tant que l'ancienne est l'cran. Mais le pire, c'est que j'ai dcouvert la possibilit de la noisette trs tard, et que personnellement elle ne m'a donc rien apport au niveau tactique, loin de l. Donc notre petit Frank se bouge bien, voila une bonne nouvelle.



Les ennemis sont de plusieurs types. Ainsi ds le dpart sur le tableau, un trou. De ce trou sortent des hamburgers (oui, le nom trivial est significatif de mon humour glacial et sophistiqu. Personnellement vous les appelez comme vous le voulez hein ?), les ennemis de base. On peut en passant sur le trou arrter leur pullulement. Ce qui provoque cependant l'apparition d'un nouvel ennemi, le BONUS. Il est un peu plus malin que le hamburger de base, et saura creuser pour optimiser le trajet pour vous tuer. Mais il rapporte plus de point, cruel dilemme. Vient ensuite l'aubergine (l encore, c'est purement personnel). C'est l'ennemi de base violent. Elle tombe du ciel au bout de quelques instants sur le tableau. Dot d'une vitesse accrue par rapport au hamburger, l'aubergine est l'ennemi abattre. Plus on avance dans les niveaux, plus nombreuses elles seront. Ces trois l forment donc le trio de base infernal. Rien de bien violent, avec l'habitude on en vient vraiment bout sans trop de difficult. Enfin au dbut. Il y a encore un ennemi, qui mes yeux est l'lite, le plus qui fait la diffrence, j'ai nomm la fraise. L'infme fraise.



Oui, la fraise n'est pas vidente, je connais des joueurs qui ne connaissaient pas son existence, mme 15 ans aprs ! En effet, il faut attendre un bon bout de temps avant qu'elle n'apparaisse. Mais une fois l, le lieu devient invivable. La fraise sait tout creuser, vraiment trs trs rapidement pour vous tuer. Impossible de lui chapper en terrain vide. Mais c'est l o la tactique devient passionnante. Surtout envisageable dans les premiers niveaux (car on a le temps et l'on est pas emmerd par les millions de hamburgers l'cran) la technique du blockhaus. On se forme un petit chafaudage de pommes, o Frank s'enfermera tranquillement en attendant la fraise, l'infme. Les bunkers demandent donc un savant assemblage de pommes. Une fois en place, la fraise vous sautera au cou. Mais se heurtera votre bunker. C'est alors le moment de lui balancer un des murs du bunker sur la tronche. Et ainsi rafler le gros lot. Oui, les ennemis coriaces savaient donner des points l'poque...



Et les niveaux s'enchanent, dans cette ambiance bon enfant. Je dois dire que la tronche de la fraise, de l'aubergine, des hamburgers, forme une joyeuse bande de fous-fous. Le nombre de niveaux est infini, comme beaucoup de jeux de l'poque. Personnellement j'ai du craquer nerveusement au niveau 42. A ce stade, les hamburgers sont partout l'cran, une pomme qui balaye l'cran en choppe au minimum 10... Les aubergines tombent de partout, et la fraise achve gnralement le tableau. Mais l n'est pas la question, on ne joue pas Fruity Frank pour gagner, mais pour s'amuser. Voila une sainte qute, trop souvent oublie...



C'est quand je joue Fruity Frank que je comprends pourquoi le oldisme. Si, si, je vous assure. De nos jours, les jeux infinissables ne sont plus lgions. Ici, pas de fioriture. 4 monstres, en tout et pour tout. 10 tableaux qui tournent en boucle, des musiques compltement bidons (mais folles), et c'est tout. Un gameplay parfait, et le tour est jou. Bravo Kuma Computers ! Toi qui a du dvelopper ce jeu sur ton trne (pas celui du royaume, celui des gogues) je te flicite. Te doutais-tu l'poque que quelqu'un parlerait encore de ton jeu en 2004 ? En tous cas merci pour tes 192 Ko de bonheur. Longue vie Frank le fruit.

Le point de vue de César Ramos :
Relativement rare neuf, surtout que c'est un jeu anglais (et l'Amstrad est l'arme francophone) mais en copie un grand classique...