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Zelda - Link's Awakening
Nintendo - 1993
Rveille toi oldies gamer... par EcstazY

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Avez-vous dja pleur la fin d'un jeu ? Non, pas pleur car on a perdu et que cela fait 173 fois que l'on ressaye ce *^*$* de passage la noix, mais pleurer de tristesse, de joie, de beaut ? Moi peu de fois, je l'admets. Je retiens 3 larmes de jeux dans ma vie. Une pour Chrono Trigger et le dmontage de Robo, une autre pour la mort de papa dinosaure dans EVO, et la palme pour la fin de Link's Awakening. Pourquoi tant de larmes ? D'ailleurs pourquoi pleure-t'on ? Le pleur est un remde du corps contre une agression, une frustration. Et ce jeu titille les deux bouts la fois. La fin du jeu est comme la disparition de centaines d'tres, d'animaux, de fleurs qui tremblotent en coeur au gr du vent, de petits monstres qui nous embtaient 10h durant, la fin d'un monde. Mais quel est le chemin parcouru entre les larmes lourdes de regret qui coulent sur notre joue rouge de malaise et la cartouche minable de Game Boy ? C'est tout le cheminement que nous allons refaire ici. Envolez-vous avec moi dans le monde merveilleux de Cocolint.



Une musique. Une intro. Link, pauvre navigateur, tombe en pleine tempte et perd connaissance (et son bateau par la mme occasion). Il se rveille dans la maison de Marine, qui l'a recueilli sur une plage. Il sort de la petite maison de la demoiselle pour partir la recherche de son pe. Ses premiers pas se font dans le village des hommes, o tout n'est que petites maisons carres aux toits bigarrs, l'herbe tailles aux carrs, aux poules coureuses et sautillantes. Puis on en sort. Premier contact avec la nature sauvage de l'le. Premiers coeurs de vie perdus sur les oursins, jusqu' la dite pe. On la reprend, lorsqu'un hiboux se pose tout prs de Link, pour lui expliquer son destin, le notre. Le naufrage a conduit notre personnage sur l'le du poisson rve, dont on ne peut sortir qu'en le rveillant. Ce poisson dort profondment dans son oeuf, et seul le rassemblement des instruments de musique pourra l'ouvrir et alors nous pourrons combattre le mal pour nous vader. Et Link est le hros, c'est vident. Il se doit donc de rveiller ce poisson rve.



Le dcor est plant. L'aventure est originale, change de tous les autres opus de la srie. Ici, pas de princesse sauver, pas de Zelda donc, et plus de gros mchant. La qute est plus initiatique. Link va avancer seul, pour se sortir lui mme du besoin. Il ne fera dailleurs tout a que pour lui. Mais il n'y a que cela qui change. Le reste est classique. Des balades dans le monde gigantesque de l'le Cocolint, et des Palais. On doit donc rsoudre des petites nigmes dans le monde, pour pouvoir la plupart du temps entrer dans les donjons. Rien que du classique. Oui, vraiment. Sur papier. Et qu'est ce qui transforme un jeu thoriquement lambda en perle absolument unique du paysage vido ludique mondial ? Poursuivons.



On joue donc Link. Il commence sans pe, et on se doit donc d'aller la chercher. Cela parait vritablement crtin comme mcanisme, mais c'est le dbut de l'assimilation au personnage. On commence le jeu nu comme un ver, sensible toute attaque externe, et NOUS allons le vtir de son pe. Ca y est. Notre destine est associe celle de l'ami Link. Les premiers pas de Link se feront dans la fort. On y combattra des monstres plutt pacifiques, mais qui feront pour une premire fois l'impression de brutes tmraires, assoiffes de sang. Si tout va bien elles meurent rapidement. Premiers combats premires victoires. Puis une premire nigme pour se sortir du labyrinthe. On s'en sort sans trop de difficult, et on rencontre de nouveaux monstres, qui ceux l sont un peu plus costauds, "mais a va quand mme". On avance progressivement, sans trop trop dobstacles vritablement fous d'un coup. Tout est progressif. Mais un progressif intelligent, avec tout de mme une avance. Ce n'est pas un jeu o l'on avance millimtre par millimtre. Non, on avance bien, mais tranquillement, sans se hter. C'est ce qui cre ce sentiment d'assimilation au personnage. Quelqu'un qui regarde pour la premire fois le jeu le trouvera vraiment sans aucun intrt graphiquement parlant, mais aux yeux de celui qui est rentr dans le jeu, Cocolint est au bout de ses petits doigts.



Oui, Cocolint est vivante, et c'est une des grandes folies de ce jeu. On a un tel background historique et affectif que l'on ne peut qu'y croire. En effet Link est parachut sur cette le, Dieu seul sait comment. Qu'est ce qu'il foutait sur son rafiot en pleine tempte ? On n'en sait strictement rien. On n'a donc aucun lien avec le pass, Link nage en plein univers surraliste. Et c'est l'alchimie du suralisme avec l'assimilation au personnage qui formera l'aventure extraordinaire du jeu. Graphiquement, le jeu est un jeu Game Boy basique. L'univers est certes grand, mais le tout n'est pas compltement foufou. Mais une fois plong dedans, chaque chose vis. Regardez ces petites fleurs sur lherbe. Vous les voyez ? C'est bien, ce ne sont que 24 pixels, sur un sprite de 3 animations. Mais non, pas pour le joueur, pas pour Link. Ce sont des fleurs, c'est vident. Notre Link est fait de quelques pixels de haut, mais non, c'est un tre vivant part entire, que nous incarnons pour notre plus grand plaisir. Et le tout environnant vibre l'unisson avec lui.



Et ce n'est pas n'importe quel univers. Une le complte, avec ses monstres, ses habitants, ses lgendes, ses domaines enfouis et protgs. Chacun son histoire, sa vie, son occupation. On a un pp le Ramollo (oui, l'histoire ne dit pas ce qui est ramollo chez lui ah ah ah) qui passe son temps au tlphone, Mr Wright (tir de Sim City, souvenez-vous !) qui passe sa journe crire Christine (qui trangement ressemble la Princesse de Mario), Marine qui chante une berceuse qui arracherait des larmes un sourd... Et ils vivent bon sang !



On avancera donc tranquillement dans le monde de lle, qui contient trangement tous les paysages possibles au monde. On ira la montagne, la mer, dans des grottes tonnantes, la recherche de lobjet qui nous permettra daller plus loin, davancer. Jusqu luf final.



Le tout est long, reintant pour celui qui na jamais touch un Zelda (ce qui est ridicule, cest un Link en fait). Les nigmes nont rien de complique la plupart du temps, il suffit dun peu dhabitude, dtre un peu dgourdi. Et l tout de suite deux profils de joueurs se dtachent dans lombre dun soleil couchant sur une plage de Cocolint. Il y a celui qui va appeler un ami, ce pote qui a termin le jeu 100 fois, qui a encore du sable de Cocolint dans ses chaussures, et qui finalement na jamais vraiment dcoll de l bas, qui aidera notre joueur pour laider, et il y a le tratre, linfamant. Cest celui qui va chercher sa soluce sur le net. En mme temps je ne lui en veux pas. Non, je plaisante, je lui en veux. Il y a une troisime catgorie plus rare, celle des joueurs qui sen sortiront tout seuls. Oui, cest rare. Mais il y a bien un jour ou au moins un joueur sen est sorti tout seul, sinon do sortiraient tous les autres ?



Et on termine le jeu. Et la larme. Le monde sefface tout doucement (merde, spoiler inside). Emotion. Tout ce que lon a fait pendant des heures est perdu. Certes Link est sauv pour nous permettre vraisemblablement de vivre dautres aventures srement trs sympathique mais non. La futilit des actions prcdentes nous claque comme un fouet. Et on coupe son game boy. Welcome back to the real world. Mon dieu tant de choses se sont coules, et EDF ose encore me demander de payer mes factures ? Le poisson rve est libr et le monde entier ne le sait pas. Mon dieu, quelle chance jai !



Car Links awakening cet particularit des grands jeux : on naime pas le partager. Enfin je naime pas. Jaime me sentir tre le seul avoir vcu cette exprience unique, avoir vcu a pour moi, et pour personne dautre. Dans un autre registre, javais le mme sentiment avec le Seigneur des anneaux (le livre). Jaime me sentir grandi en sortant de laventure, mais pas que les gens le vivent aussi. Peut-tre de la jalousie, jy rflchirais demain.



Un jeu la profondeur unique, attachant, touchant, prenant aux tripes. Des musiques folles, des motions rarement ressenties dans un jeu, une merveille comme le panel vido ludique mondial se devrait den possder des centaines. Mais non, Links Awakening est unique, et son exprience ne laissera personne indemne.



Note sur la version couleur du jeu :

Le jeu est ressorti en version DX la sortie de la Game Boy Couleur. Normal. En plus de lajout des couleurs (Non ? Si !), Nintendo a rajout quelques petits plus ma foi fort sympathique. On retrouve un donjon spcial couleur qui napporte rien de particulier, en tout cas niveau gameplay, et un photographe qui prendra des photos des moments cls de laventure. Oui, cela napporte rien de transcendantal, mais ce sont des petits ajouts frais et sympathiques, et rien que lajout de la couleur justifie lachat du jeu.

Allez, soyons fou, les photos :






Tout un pome...
Le point de vue de César Ramos :
Distribution monstrueuse, gros classique, malheureusement avec le mythe Zelda jamais donn...