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La charte du rétrogamer

Comment devenir respectable par Hebus San


Préambule : suite au légendaire « manifeste oldies » rédigé par l’ami Ghost Rider, je me devais à mon tour de sacraliser ma passion. Une sorte d’hommage indirect au texte fédérateur de ce site, sans qui je ne me serai probablement pas attardé ici.

Le manifeste étant donc déjà représenté avec brio, c’est à la charte que j’ai décidé de m’attaquer.

Joueurs et joueuses, voici donc venir devant vos yeux esbaudis :





LA CHARTE DU RETROGAMER



Précisions de terminologie : pour le présent texte, sont assimilés à des retrogamers tous les joueurs nostalgiques des consoles antérieures à la playstation™ ET qui ont franchi le pas en réacquérant l’une de ces machines. Il en découle que le fait d’en retrouver une au fond de son grenier et d’y jouer 10 minutes en souvenir du bon vieux temps ne constitue pas un motif suffisant.

Il va sans dire que tous les retrogamers sont atteints de la maladie du oldisme qu’ils s’auto diagnostiqueront aisément en relisant le manifeste du oldies.

Tout retrogamer qui se respecte agira dans le respect de la charte ci-présente.



Art. 1

Tout retrogamer se reconnaîtra au moins en partie dans le manifeste du oldies. Il devra pouvoir le lire en public avec fierté et honneur, surtout lorsqu’il clamera « […] j’en suis ! ».

Art. 2

Tout retrogamer se revendiquera d’une religion vidéoludique particulière. Ce n’est pas parce que les vieilles guerres d’hier sont terminées qu’on doit les oublier ! Les religions majoritaires sont le Nintendophilisme (nitendophiles ou nintendomaniaques) et le Segaïsme (segaphiles ou segaïstes).

Art. 3

Quelle que soit son appartenance ludique, le retrogamer se devra de s’essayer à toutes les consoles et/ou micros s’il en a l’occasion matérielle, ce dans le souci de s’enrichir au contact de l’ennemi (parce qu’après tout les vieilles guerres sont terminées, et force est de constater que l’ennemi ne faisait pas que de la merde, bordel !).

Art. 4

Le retrogamer tolère l’émulation moderne mais il ne peut pas s’y épanouir. Pourtant vecteur essentiel de sa contamination, celle-ci ne peut en aucun cas le satisfaire pleinement. Ce paradoxe constitue l’essence même du retrogaming. Jouer sur le support originel est une source de plaisir inégalable pour tout retrogamer.

Art. 5

« Se montrer raisonnable » ne fait pas partie du vocabulaire du retrogamer. La passion en général n’est pas raisonnable, et celle du retrogaming en particulier est plus dévastatrice encore. Dépenser des sommes scandaleuses pour assouvir sa passion le rapprochera des autres retrogamers (et les fera également bien rigoler la plupart du temps).

Art. 6

Le retrogamer fréquentera au moins un forum oldies de son choix. Etre oldies c’est comme lâcher un pet cataclysmique : seul on s’empoisonne, en groupe c’est du bonheur à partager. Le retrogamer de bon goût fréquentera Nes Pas (parce qu’il faut pas déconner non plus…).

Art. 7

Le retrogamer est un joueur intelligent, et en tant que tel il enterrera définitivement la hache de guerre entre consoleux et pcéistes. Bien au delà de tout ça, c’est un joueur et rien d’autre.

Art 8

Le retrogamer est capable de citer au moins 10 plateformes de jeu en activité entre 1980 et 1992 en moins de 20 secondes.

Art 9

Le retrogamer a un rapport étroit avec la nature. Son esprit scientifique né d’une longue pratique de la compétition ludique trouvera logique les questions suivantes :

* Un hérisson peint en bleu court-il plus vite ? Si oui, pourquoi ne pas tous les peindre pour leur permettre d’éviter les bagnoles ?
* Quand on saute à pieds joints sur une tortue, sort-elle réellement de sa carapace nue comme un ver ? Si oui, pourquoi ne pas le faire pour les aider à copuler ?
* Un crapaud qui bouffe une araignée peut-il tisser des toiles ?
* Les pieuvres crachent-elles des cailloux ? Si oui, pourquoi se contentent-elles de lâcher de l’encre sur les plongeurs qui les emmerdent ?
* Les lemmings peuvent-ils ouvrir un petit parapluie en guise de parachute quand ils tombent de très haut ? Si oui pourquoi aucun ne le fait quand ils se jettent d’une falaise ?


Art. 10

Le retrogamer ne se moque pas des brocantes et vomis son mépris sur ceux qui estiment qu’elles sont un rassemblement de vieux ringards.

Art. 11

Le retrogamer aime les vendeurs naïfs d’ebay plus que sa propre famille.

Art. 12

Le retrogamer privilégiera toujours un échange amiable et honnête envers un confrère plutôt qu’une vente douteuse. En cas de vente abusive, le retrogamer pourra ne plus être considéré comme tel. Seront acclamés de leurs pairs les retrogamers qui offriront leurs biens en double.

Art. 13

Le retrogamer fera tout ce qui est humainement possible pour modifier la sonnerie de son portable en musique de jeu vidéo oldies. Il en va de même pour le logo de l’écran.

Art. 14

Le retrogamer sait qui est Gunpei Yokoi et ce qu’il lui doit.

Art. 15

Le retrogamer ne reniera jamais la 2D ni les manettes à croix directionnelle. Il préfère de loin les cartouches, parce qu’au moins elles sont chronorésistantes. Le retrogamer taquin prend un malin plaisir à imaginer l’état des jeux playstation en 2014.

Art. 16

Tout retrogamer qui se respecte a vu au moins une fois le film « Wargame » et le trouve fantastique.

Art. 17

Le retrogamer peut chanter a capella au moins 2 musiques de ses jeux favoris.

Art. 18

Le retrogamer aime ses semblables et recherche leur compagnie. Ils le rassurent dans ses convictions, le confortent dans son comportement asocial vis à vis des non joueurs et permettent son maintient dans un état second qui lui permet d’appréhender l’actualité avec philosophie : « 10 civils tués à Bassorah par un tir de roquette mal ajusté. » « Pffff, quel débutant, moi à Desert Strike je pétais des chars à 2500 mètres les yeux bandés et une main dans le dos ! ».

Art. 19

Le retrogamer pense pour l’essentiel de ce qui l’entoure « c’était mieux avant ». Citons de façon non exhaustive :



* Des NES en vente dans tous les Hyper à Noël
* Les boîtiers cultes de la master system
* Un ennemi clairement identifié (nintendo/sega) et possible à battre
* L’agence tout risque à la télé après Mac Gyver
* Arthur n’existait pas
* Le R’n B non plus
* Reagan il avait l’air gentil
* Gorbatchev aussi
* Dragon ball à la télé après les chevaliers du zodiaque
* Pas d’école le mercredi, et goldorak l’après-midi
* Voir naître Zelda
* Voir naître la SNES
* Le premier bisou à une fille (et vice versa, m’emmerdez pas avec la parité)
* Le premier rail de coke
* Y’avait Ilgueugueu dans les musclés ! (pour les filles, Roch Voisine chantait « hélène »)
* Ne pas déscotcher d’un jeu pendant toute une après-midi sans culpabiliser
* Aller dormir chez un pote pour essayer son tout nouveau jeu (megaman…)
* Les G&W dans les vitrines, objets de luxe
* Les premiers magnétoscopes et la guerre VHS-V2000
* Tenir dans ses mains le premier numéro de console +, player one ou super power (ou megaforce)
* Parler des récrés entières de la supériorité de nintendo sur sega (ou l’inverse)
* Boire du tang, manger des boules magiques ou des sachets qui pétillent dans la bouche
* Coluche sur scène, Desproges à la radio
* Avoir le sentiment d’être indestructible un pad à la main, ou de devenir le maître du monde en résolvant une énigme particulièrement tordue


Art. 20

Le retrogamer ne cessera jamais de l’être. Renier sa passion serait renier une partie de lui même. La meilleure.