Le site de la barbe à papa sociale-démocrate.
[Nes Pas ?] goes to Nantes

Rainy Rumble Pixels of HELL par Petemul



[Nes Pas ?] est plus qu'un site, plus qu'un forum. C'est une communauté oldie, et la lecture de ces quelques feuillets html disséminés ça et là vous en ont déjà, j'en suis sûr, convaincu. Ne serait-ce que pour les récits des sessions à Leucate, sessions auxquelles j'ai eu l'honneur de participer par deux fois.



Et non sans mal, car Leucate c'est dans le Sud, et moi j'habite Nantes. Ce qui est loin du Sud, si vous vous y connaissez un peu en SNCF, pour peu que le sud en question soit ailleurs qu'à Marseille.

Et de toute façon, pour moi, tout est loin. Même Paris. Aussi me suis-je dit un jour "si je ne peux pas aller au oldisme, faisons venir le oldisme à moi".

Si fait. Et dans les grandes largeurs. Et c'est ce que je vais vous narrer aujourd'hui, mais attention !



Oui, attention, ami internaute, ne t'attends pas à de la prose des grands jours comme Hebus sait si bien faire. Même si le bougre n'a pas toujours été une flèche, il a quand même réussi à écrire ses compte-rendus assez vite. Moi, là, tel que tu me vois, au crépuscule de ma jeunesse, je reviens sur des évènements qui ont près de trois ans. Alors tu ne m'en voudras pas j'espère si tout cela est recouvert d'un voile brumeux... le voile de la légende, qui sait.

Du flou, mais du beau et du bon. Imaginez un peu la scène, le décor, l'ambiance. A cette époque, j'habitais un "modeste" studio de 30m² en plein Nantes. Rez-de-chaussée, aucun voisin dans l'appart du dessus, aucun à gauche, 45 à droite, le tout dans un bon vieil immeuble aux murs énormes : connaissant le potentiel beuglogène de certains, vous verrez que ces précisions ont leur importance. Rajoutez à cela le fait que par une improbable facilité de scénario je venais de récupérer, pour une augmentation de loyer de -10€ (si si) une seconde pièce de 20 m², carrée, vide, là ça commençait à sentir bon pour une petite folie de derrière les fagots. Un rapide coup d'oeil m'avait fait estimer à une possibilité de loger à peu près 20 personnes, certes rangées comme des saucissons sur le carrelage froid, sur la totalité de la surface. Banco.



J'ai donc contacté la garde rapprochée et la team des fidèles. Comprenez : les NesPasiens de la région, et l'élite du site (accessoirement chers camarades depuis le premier Leucate). Et je conviais le tout non pas à une semaine, mais à un week-end chez moi. Oui, chez moi, vraiment dans mon chez moi. Bordel. Moi qui suis un pantouflard doublé d'une maniaquerie sans bornes. Sachant bien sûr que rien que le prix du voyage Paris-Nantes, pour une durée aussi dérisoire, était de la folie, même en louant une bagnole à sept par exemple. Eh ben même pas. Ils ont répondu présent. Quasi tous. Et même toutes, puisque nous verrons qu'en matière de folie voyagère, il y a eu du très lourd chez ces demoiselles.

Je tourne autour du pot, beaucoup trop, alors voilà les faits.



Week-end du 24-25-26 mars 2006. Liste des convives :

- from the région (en allant jusqu'à Rennes) : votre serviteur, Prosnie, KrgFn, Stanitalia, Quelme, Zygot et sa douce
- from Paris (arrivant en train) : Mayo, Nash, Zanrek
- from Paris (en voiture via Laval) : Peach, Greg, Oni, Pipo, Raclette, Wong, Ghost
- from Lyon (si si !!!) : Kirby_bros

Comptez : 18. Ouaich. Dans le tas, des connus et des inconnus, mais que je ne regrette pas d'avoir connu depuis (suis-je clair ?)

Au menu : des pâtes, de la bière, quelques télés et plein de DS. Contact !



PRECHAUFFAGE
En parfait collaborateur, Prosnie m'accompagne le vendredi soir pour faire quelques courses et récupérer une télé. Oui, figurez-vous que je n'ai qu'une télé dans mon studio, une 36cm de surcroît. Donc on va en chopper une chez mes parents. Au retour, on stoppe par le Leclerc du coin, et déjà c'est l'angoisse ; oui, vous avez souvent fait des courses pour 18 vous ? Surtout quand vous ne connaissez pas tout le monde ? Moi pas. Et si ça se passait mal ? Si la mayonnaise ne prenait pas ? Si je me faisais chier ? Si Nash vomissait le jambon ? Et si, si... ? Bref, je passe mon angoisse sur le tableau de bord de la Twingo de Prosnie qui en a déjà marre de ma gueule au bout de deux heures, dont une d'embouteillages. Impressionnant, d'après lui. (Mon stress, pas les embouteillages)



Nous arrivons finalement chez moi, prêts à faire chauffer les pizzas et nous goinfrer en attendant la déferlante. Je regarde une dernière fois mon home sweet home, comme si tout allait disparaître... Un lit, des tables, un canapé, mes bibelots, et une pièce carrée vierge bardée de tables de campings et de multiprises pour notre plus grand plaisir. La vérité me saute alors au visage comme un élastique de string : à 18 là-dedans pendant deux jours ? On va tous mourir.

Mais nous ne sommes pas seuls.



Sous une pluie diluvienne, nous accueillons deux rescapés de la furie Bretonne : Stan, le touffu, et Ika, le fou dangereux, pataugeant devant ma porte. Je leur ouvre mon logis, et les invite à partager quelques pizzas (oui, ça va devenir un gimmick) en attendant les troupes. Premiers échanges, premières passes sur ma Super Nintendo, quand soudain l'illumination : "Et si on regardait sur MSN qui est là ?" Paf. Ni une ni deux, nous voilà à converser avec le diable en personne, à savoir Hebus. Avec qui nous convenons aussi sec d'une partie de MKDS online.



C'est au cours de cette partie qu'intervient le premier mythe de ce week-end. Honnêtement, je ne sais plus qui jouait. Sans doute Stan, Prosnie, et moi. (Déjà je vous passe les détails pour se chopper Hebus dans la même partie, hein). En revanche je me souviens de la tension qui monte avant le match entre Prosnie et Hebus, ces deux compétiteurs taillés pour la gagne qui se cherchent sur Cascades Yoshi. Sur MSN. Par Webcam interposée. Hebus. Prosnie. Hebus, pour qui "compétition" rime avec "je te bourre le fion avec du taunting de chien andalou". Prosnie, pour qui tout combat implique "je te prends, petit scarabée, et te défonce par derrière avec ton propre poing"
Et cette course, Cascades Yoshi donc. Et Prosnie qui masterise comme un gros sale. Qui nous pulvérise tous. Stan et moi, on regarde la bataille de loin... quand soudain, pof, paf, pif, retournement propre aux Sudistes (qui sont, par essence, fourbes), coup du destin (qui par définition est railleur, donc du Sud, donc de parti-pris) Hebus double Prosnie sur la ligne d'arrivée. Eructation dans le haut-parleur. Cri de rage dans mes oreilles. Et sur l'écran, à la webcam...

Une bite.

Attention, hein, pas un dessin, pas un jouet, non, une vraie. Une bite. En gros plan. Pas si énorme que ça, mais en gros plan. Et limite en érection en plus. Puis une paire de fesses et une main.

Hebus vient de nous montrer sa quenouille puis son fondement en access prime-time, et je dois dire que j'en ris encore aujourd'hui. C'est CA l'esprit !!!!



Bref, après ça, nous nous quittons dans la bonne humeur, en essayant de réconforter Prosnie qui en perdra le sommeil pendant trois nuits. Aussitôt après cet épisode douloureux vient le temps d'accueillir dans mon antre le brave Quelme, lequel passait par là, a vu de la lumière, et a profité de sa permission de 22h30 (sinon je ne sais pas, après, il se faisait taper, une sombre histoire de nouveau-né à la maison, bref un truc incompréhensible pour les jeunôts immatures non-papa que nous étions alors) pour nous apporter un coffre entier de matos, dont une télé 55 cm quand même. Ah oui. Là je dis Monsieur. Puis il s'en va, superbe, sans toucher à sa pizza (aux anchois, merde !), promettant de revenir. Ben tiens. J'ai bien regardé ses yeux avant de partir et je crois n'avoir jamais vu autant de frustration depuis le regard que j'ai lancé à cet Italien à la fin du match France-Italie de l'euro 2000. Ah, pour ne pas être venu pour rien, il installe un flux webcam permanent pour que les Nespasiens puissent nous suivre en direct. D'exhiber ainsi mon chez moi, je me sens un peu à poil, mais bon...



Entretemps, arrivent trois éponges. Zanrek, Nash et Mayo ont eu la bonne idée de venir en train à Nantes, et comme il pleut sur Nantes, ils se donnent la main, le ciel de Nantes rend leur coeur chagrin. Dégoulinants (la marche depuis la gare, c'est tout de même l'affaire de 1/2 d'heure, mais ils ont trouvé leur chemin tout seul, respect), ils viennent se réchauffer, se sécher, se restaurer, autour d'une bonne pizza, et se joignent à nous sous les vivats.

Je ne sais plus qui arriva quand. Je ne sais même plus quand Zygot et sa copine arrivèrent. Ce que je sais c'est qu'à partir de là, le mot "chouchen" fut prononcé à peu près toutes les 50 secondes. Kirby n'étant pas encore de la partie, à ce stade, vous voyez qu'il manque la voiture venant de Paris. Laquelle devait récupérer Wong à Laval sur le chemin. Enfin sur le chemin... si vous avez souvent fait Paris-Nantes, oui, il y a de quoi rire...



Et cette voiture n'arrive pas. La nuit avance, ça avance, ils ont assez d'essence et ne devraient pas faire la route dans l'autre sens, chez nous ça balance, ça rit, ça pleure, les esprits et les doigts se dérouillent, mais rien. Quelques nouvelles éparses nous font juste comprendre qu'il y a du retard, beaucoup. Plein.

Puis c'est le début d'un autre mythe. Une série de coups de fil de Peach pour m'appeler à l'aide, parce que Nantes et sa région, vous comprenez, c'est compliqué. Surtout sur le périph', où les portes sont numérotées en dépit du bon sens. Je laisse donc Greg narrer ce long moment Nutella.



"Impossible de parler du week end à Nantes sans parler du road trip que quelques uns d'entre nous ont vécu.

Pour ça, sont nécessaire :

- des oldies déchaînés (Raclette, Piche, Pipo, Oni, Wong, Ghost, et votre serviteur),
- une voiture, d'une marque quelconque, louée chez un loueur de voiture quelconque. Tout ce qui compte, c'est qu'elle soit spacieuse. Et garantie tout risques.
- l'humour de chacun de ses participants
- la patience du pilote de la oldies mobile.



Cette étrange aventure commence à Montparnasse chez l'ami Raclette. Je le retrouve, ainsi que Ghost, et croise Maman SMB [la maman de Raclette, donc, NDLR] qui doit prendre peur en voyant que la vie de l'un de ses enfant va être confiée à un chauve de 24 ans qui en paraît 12. Elle n'en laisse rien paraître. Chez les Méjane, on a la classe à chaque génération.

Je passe rapidement sur le fait que je me suis tapé l'une des plus grande honte de ma vie en débarquant chez Avis, avec une réservation pour une voiture chez Hertz. Un coup de fil d'une Piche, étrangement tendue, plus tard, nous avons la voiture, et partons nous garer dans les environs.

C'est à ce stade de l'histoire qu'il est, je pense, nécessaire de préciser que j'ai beau conduire comme un dieu, j'ai un peu de mal avec les créneaux. Là, ce n'était que le début. Je trouve une place parfaite, pas très loin du fameux bar de Montparnasse au nom prédéstiné : le Forum, où Mayo, Nash, et peut-être d'autres (ouais, ça fait plus d'un an !! Ma mémoire défaille) sont censés nous attendre. Je dois tenter le créneau 2 ou 3 fois, subir les railleries des gens qui vont me confier leur vie, avant de me rendre compte que là, je le sens pas. Quelqu'un (Oni il me semble) décide de sortir pour me guider, Raclette, qui occupait la place du mort (!), se charge du volant. Quant à moi, je reste maître des pédales (je coupe les couilles du premier qui voit une allusion vaseuse à cette phrase). Devinez quoi ? Ca rentre comme papa dans maman. Dès le premier essai. Fou.

On va chercher les collègues au Forum, on va se faire une bouffe au McDo voisin, et l'heure du départ approche. Raclette, Oni, Pipo, Ghost et moi même nous dirigeons vers la voiture, pendant que les autres vont prendre le train. A cet instant, on ne sait pas encore que nous ne les reverrons pas avant... très longtemps.



Pour mener à bien notre mission, nous devons aller chercher Piche à son boulot. Cette conne a la bonne idée de finir à 21h. Et c'est partit pour un petit Montparnasse/Issy les Moulineaux. J'effleure le fait qu'à 3 reprises, j'ai essayé de démarrer en 3ème (ce qui m'a encore valu des vannes nazes) pour en venir au délire sans nom, et aux larmes qui aveuglaient presque mes yeux quand ce batard de Raclette (encore lui) a décidé de mettre la compil Leucate 2k5. Sur le morceau des Lemmings. Voir Raclette se faire une chorégraphie niaise, dans une voiture, toutes fenêtres ouvertes, avec le volume du son bloqué sur 32, ça n'a pas de prix.

Et c'est là que le drame commence : quand Piche monte dans la voiture. Avant tout se passait bien. Après, moins.

Nous sommes donc partit vers Nantes, en faisant un petit crochet par Laval, histoire de chercher le communiste à cheveux longs : Wong. On a dû passer une bonne demi heure, juste en voulant sortir de Paris, coincés dans les bouchons. A l'arrêt. Mais vraiment, hein !!! Genre on a fait 3 mètres en 30 minutes. Du bonheur, quoi !!!



Une fois sortit de ce bordel sans nom, direction Laval. Mais cette conne de Piche a décidé que, ce coup ci, si on veut sortir de cette ville de merde qu'est Paris, va falloir attendre. Donc, elle me donne des indications erronnées. Quand j'entends la grande phrase : "à quelle point tu me détestes ?", je comprends tout. On tente de trouver un moyen de récupérer la bonne route, mais ce jour là, le monde ne voulait pas. On fait donc demi tour vers Paris, pour reprendre le trajet depuis le début, mais en évitant de se planter, c'est mieux.

Ghost, pour une fois, a eu une bonne idée : faire une compil de musiques de merde pour nous accompagner pendant le voyage. Genre du David Hasselhoff pour se la péter Mitch Bucchannon style, du Saint Seiya version jap (pas la version Bernard Minet, parce que bon quand même, un peu de sérieux), mais surtout, SURTOUT, Europe, The Final Countdown, morceau sur lequel j'avais passé un moment d'une sensualité extrême avec Kirby quelques mois plus tôt.
Quand j'entends cette musique, je deviens fou. En général, je saute partout, faisant un pogo avec chaque personne, consentante ou non, qui se trouve dans un rayon de 3 mètres autour de moi. Là, j'étais au volant. Ca devient donc un poil de cul plus complexe. Il fallait donc que je fasse quelque chose. Et là, mon instinct de rappeur a dominé. Lors de l'intro de la chanson, au moment où le clavier fait le fameux air bien connu, je me lance dans un
gigantesque "PA !!! PA PA !!!" pendant les pauses (les vidéos vont l'expliqueront mieux. Moi, je raconte mal). Bref, une crise de rire dans la voiture.



Mais je crois que LE délire de ce week end restera celui où, à une aire d'autoroute pour une pause pissou générale, et recharge de nourriture en tous genres, j'ai cru perdre la vie : des paquets de Pringles sont achetés. Jusque là, rien de bien anormal, me direz vous. C'est sans compter sur des oldies déchaînés et au taquet, qui, dieu seul sait comment et surtout pourquoi, se sont mis à partir en couille sur le simple nom de ces succulents biscuits apéritifs. De Pringles, on est arrivés Spickelequick, en passant par Springleboggles. Du TRES grand n'importe quoi. Depuis, les Steppleheubles sont la nourriture officielle de chaque soirée murge.

A cet époque, notre ancien premier ministre avait eu une idée folle : le CPE. Notre road trip (ou voyage par la route : le français pour la gagne) était organisé pendant les manifestations contre ce projet. A un moment, j'entends une voix (Raclette me semble t-il, définitivement dans tous les coups foireux), accompagné par, je pense Pipo, se mettre à chanter l'hymne
du voyage, sur l'air d'une chanson que je ne connais pas, et qui donnait ceci :

VILLEPIN, SI TU SAVAIS
TA REFORME, TA REFORME,
VILLEPIN, SI TU SAVAIS
TA REFORME, OU ON TE LA MET

AU CUL, AU CUL, AUCUNE HESITATION !!!!

Il va sans dire qu'il faut HURLER la dernière phrase.

Moi, j'étais au volant. En larmes.



Le temps de se perdre à Laval, la ville des ronds points (un jour, je vous parlerai de ma haine viscérale envers les ronds points), et nous retrouvons le Communiste devant le Quick de la ville. Le temps de lui foutre la honte (oui, le bougre souhaitait créer un contact rapproché avec une serveuse du Quick. Nous nous sommes empressés de lui poser la question fatidique : bon, alors, elle est où cette grosse pute/radasse/saloppe/traînée, etc...), et nous repartons vers la destination de base : Nantes. On devait prendre l'autoroute. On ne l'a jamais vue. Rejoindre les ville des Canaris par des routes nationales, vides de tous véhicules, c'est long. Même avec des fous derrière.

Lorsque je me rends compte que la population oldies souhaiterait, si possible, s'arrêter pour un besoin naturel, je réfléchis deux secondes : "c'est dur de trouver une aire d'autoroute sur une nationale. On peux aussi aller sonner chez l'habitant, pour lui demander l'aumône, mais à minuit passé, je doute un peu de son amabilité". La fatigue aidant, je m'arrête en pleine cambrousse, loin de toute habitation. Courrir cul nu avec Raclette, avec les phares de la oldies mobile allumés, juste après avoir arrosé la nature de notre sainte pisse, ça non plus, ça n'a pas de prix.



Je crois que ma lassitude morale et physique à commencer à se faire sentir quand j'ai vu le Sauveur : le panneau Nantes. La joie m'emplissait en même temps que la fatigue. Mais c'était sans compter sur cet enfoiré de merde de pute de nom de dieu de chiottes de périph nantais. Nous cherchions, gentimment la fameuse sortie 38 (comme j'ai tendance à l'appeler depuis : cette pupute de sortie 38). Viens la 35, la 36, la 37, là, chacun retiens son souffle. On se dit qu'on y est. La sortie suivante n'a pas de numéro... Doute. Que faire ? On continue. La sortie suivante est la 39. Là, j'ai voulu m'affaler sur le volant, et laisser la voiture rencontrer le fameux platane.

On sort, on prend le périph dans l'autre sens, mais toujours pas de putain de sortie 38 !!!! Là, Piche se décide a prendre son téléphone, et à demander conseil à Pete, l'autochtone, le conseiller local, mon héros.

Il nous dit de sortir, on se retrouve à un endroit qu'il met du temps à reconnaître au téléphone, ce nul. Temps que j'utilise à m'amuser en faisant une bonne dizaine de tous d'un rond point isolé des environs de Nantes. Pete, mon héros, nous guide, et, après un bon moment perdu à cause d'une sorte de foire nantaise de merde qui bloquait un pâté de maisons entier, nous arrivons en vue de la Pete's House (vers 3 heures du matin) dans laquelle va se dérouler un week end fou.



Avant, je demande quand même à Oni de faire le créneau... que Prosnie fera, en fait.

Au final, je me suis levé à 4h30 le vendredi matin, j'ai bossé toute la matinée, je n'ai pas dormi pendant l'après midi, parce que dormir, c'est mourir, et j'ai conduit pendant environ 7 heures pour faire Paris-Laval-Nantes.

Inutile de dire que mon réflexe en arrivant à été de me prendre un verre d'alcool bien rempli par Piche. Puis un autre. Puis encore un. Et ainsi de suite."





Voilà. C'est beau comme l'antique. Je vois donc débarquer chez moi un commando qui vient de vivre la traversée du Viet-Nam avec des cannibales sodomites au cul, sous le napalm et les pluies acides. Devant ma porte, une voiture garée dans une place plus petite qu'elle. Chez moi, c'est la même chose. Je me sens de plus en plus à l'étroit. Mais ça y est, nous y sommes. Tous au complet.

Tous ? Non. Une petite villageoise gauloise et savoyarde résiste encore et toujours à l'envahisseur. Kirby a été bien entendu invitée, mais Lyon voyez-vous, ce n'est pas la porte à côté. Avec un TP à rendre pour le mardi suivant et 190 euros de trajet alors qu'elle accuse déjà un - 1984€ à sa chère banque, la demoiselle avait déclaré forfait. Sauf que. Samedi matin, 7h du matin, appel de Raclette, qui la tanne comme il sait si bien le faire. L'homme a du charisme, et une voix à tremper les dessous d'une nonne. L'idée germe. "Ca ne sera pas la seule chose à germer" rajoutera graveleusement une personne que je ne nommerait pas, rapport à l'arrivée de Miss SP-Porte-jarretelles au milieu d'une équipe très majoritairement mâle (Peach faisant tout ce qu'elle peut, avec la copine de Zygot, pour donner une touche de finesse à ce rassemblement de brutes, mais c'est dur, n'oubliez pas qu'il y a Greg quand même). Un signe viendra du Très-haut : l'aller-retour est désormais possible pour 90 €. Banco. Kirby décide de se la jouer "PeteMul à Leucate", mais à l'envers, et saute dans le train de 18h30 qui arrive à 23 heures. Sans changement à Strasbourg.



De notre côté c'est extase et priapisme. Prosnie prend sa voiture, Pete l'accompagne pour aller chercher la belle à la gare (normal), marqué à la culotte par un Wong au taquet. Ce sont donc trois sémillants jeunes garçons qui vont en cortège vers la gare SNCF, évitant au passage une bande de jeune qui lance des parpaings sur les rues de Nantes, oui, on est comme ça ici, on n'est pas des ravioles. D'où le célèbre "pavé nantais" que l'on sert dans les bonnes crêperies.

Kirby nous rejoint, nous la ramenons dans mon studio qui s'est entretemps transformé en quelque chose à mi-chemin entre le Hammam et une distillerie clandestine. Kirby est accueillie dans la liesse générale ; et, le temps pour moi de me remettre de l'attaque cardiaque que m'a causée la vue de mes guitares servant de porte-manteau de fortune, nous pouvons nous adonner à une orgie de Tetris GB en Vs. (où ladite Kirby sera un peu ridicule mais passons), et à du Mario Kart DS à la folie. La grosse folie.



A présent, vous avez les protagonistes, vous savez comment ils sont arrivés. Citons maintenant pêle-mèle quelques moments forts ; les évènements sont si lointains qu'il m'est impossible d'en faire une chronologie précise.

1) Le Piouthon. Piou avait été convié mais n'avait pas pu venir. Pipo en fera sa Grande Cause Humanitaire. Refusant de dormir pendant plusieurs jours d'affilée, il trônera, hagard, avec une pancarte "pour Piou s'il vou plé". Il finira par craquer parce que bon, quand même, ça finissait par le faire perdre à Singstar, donc voilà, l'homme a ses limites, et celles du Pipo sont un peu plus basses. A peu près 1m52, à la louche.



2) Le panneau. Habitant quasiment les pieds dans un chantier (la démolition de l'immeuble voisin), j'ai à portée de main toute sortes d'objets hétéroclites, tels des monticules d'amiante à ciel ouvert, des tas d'ordures (mélange de télés, de roues de bagnoles, et de sac à mains vides empilés là par mes charmants voisins Roumains, qui par ailleurs venaient gentiment me demander des oignons ou de la crême pour leur omelette et n'ont jamais touché à mon vélo) et donc ce panneau de chantier que mes charmants hôtes ont trouvé rigolo de capturer. Soit. A moi de m'expliquer avec les ouvriers qui jetteraient un coup d'oeil par mes fenêtres.



3 ) Les flingues. C'est jour de braderie à Nantes en ce samedi. Pipo et Oni décident d'acheter des flingues à billes de merde et de se faire un gunfight. Dans ma rue. Dans le quartier le plus bourge de Nantes. Devant mes voisins. Dont la coiffeuse qui alimente enragots la clientèle de la psy du premier qui en rajoute avec la restauratrice à ma droite qui est très copine avec la tenancière du bar au bout de la rue. Soit...



4) Le musée et Mars. Raclette et Pipo feront même une expédition-éclair sur Mars, qui n'était pas loin ce jour-là. Les hasards de l'alignement planétaire.



5) Les maracas. Ce week-end est à marquer d'une pierre blanche puisque ce fut la première fois que Peach battit Mayo à un jeu. La première fois qu'elle battit quelqu'un tout court, d'ailleurs. Et depuis elle règne sans partage sur les maracas de Samba di Amigo. Mayo en cauchemarde encore certaines nuits... Pipo ne fit pas mieux. Piouthon oblige, sans doute...

6) Les Lock-On. Vous connaissez ? Des pistolets à infra-rouges édités par Sega dans les années 90. Un pistolet style zapper, une mire que l'on place sur le front, un compteur de vie qui s'affiche par relfet sur une lentille de plexi placée devant votre oeil. Mythique. Nash et moi-même nous livrâmes à plusieurs gunfights épiques autour de mon immeuble et dans les gravats. Le pauvre n'a même pas prix la peine de s'en défaire pour dormir...



7) La BD. Fort gentiment, mes hôtes m'offrirent une chouette BD, Herobear (et non pas Pedobear, hmmm ?) & the Kid. Un truc vraiment "vachement chouette", je vous recommande, ça vous frotte dans le sens du poil tout du long.



8) Le Tang. Raclette, notre agent infiltré en territoire ibère, nous a ramené un trésor. Mieux que de la came ou des cartouches de tabac de peu de prix, mieux que de l'alcool de contrebande, il nous a dégotté des sachets de Tang. Oui, la boisson mythique, disparue de notre hexagone... après avoir tous lancés nos slips et culottes en l'air en signe de joie, nous nous en faisons un pichet. Mais Sean veille. Il est extrême. Il est over-limits. Il a des couilles comme des melons. Avisant un dernier sachet, il en répand le contenu sur la table. Aux cris désespérés de ses camarades partagés entre hébétude et incompréhension, il répond en réalisant l'impossible : s'en sniffer un rail. Oui. Vous avez bien vu. Un rail de Tang. Cet homme-là n'est pas comme nous... et ça ne s'est pas arrangé après ça.

Notons de plus que le sachet de Tang a cette faculté particulière de caler les cartouches dans les slots Snes un peu lâches.



9) Du rhum arrangé. Puisqu'on parle d'arrangement, laissez-moi vous narrer le triste destin de cette bouteille de rhum banane-vanille artisanale que je détenais depuis un moment. Le taux d'alcool dépassait les capacités de mesure des instruments classiques, et je l'avais laissée prudemment dans mon buffet. Evidemment il ne falllut pas plus de dix minutes à Zygot et Greg pour en détecter la présence. Deux secondes plus tard, le premier déclarait que c'était quand même plutôt une boisson d'homme, tandis que le deuxième s'étranglait par terre. Enfin, Raclette y viendra, le verra, et sera vaincu.



10) Un Nash. Nash qui pourrit tout le monde à Street Fighter III. Nash qui finit Megaman 1 sur ma pauvre Nes, à la fraîche, comme un va pisser. Un Nash normal, en somme. Salaud.



11) Singstar. Je ne sais toujours pas comment ce miracle a eu lieu, mais aucun de mes voisins n'est venu me clouer au plafond. Et pourtant ça a beuglé, à toute heure du jour et de la nuit. Fort. très fort. Mais j'ai humilié Pipo quand même, c'est le principal.



Etc. Ce fut fou et beau. Deux de mes amis sont passés le samedi après-midi, pour je ne sais quelle raison : je revois encore leurs yeux écarquillés devant mon studio transformé en banlieue de Beyrouth Ouest, peuplé de gens hagards mangeant des pâtes froides arrosées de rhum. Je revois cette expédition à Carrefour et je me demande encore comment le service de sécurité n'a pas appelé la cellule anti-terroriste quand nous sommes descendus de la bagnole. Imaginez Greg mal réveillé, Oni inquiet pour la bagnole, Peach d'humeur sombre parce que comme d'habitude c'est à elle de gérer l'intendance vu que nous sommes tous des incapables, et moi le visage fermé en me disant "pourvu que personne ne me reconnaisse". Vous avez une idée du tableau.

Mais nous achetâmes les pâtes voulues, nous fîmes bombance. Nous jouâmes. Nous dormîmes serrés comme des sardines sur le carrelage froid. Tout alla bien.



Le week-end fila, fusa à la vitesse d'un ballon shooté par Franck Sauzée. Je n'en ai plus aujourd'hui que des visions éparses et floues, mais l'idée est là, folle, brillante au firmament : deux nuits, deux jours, de folie, dans un studio nantais. Ils repartirent les uns après les autres, me laissant triste et seul, essayant de prolonger la magie vainement en jouant à MKDS avec Zygot et sa douce (qui a passé la serpillière, j'ai honte). Encore une fois la magie du oldisme avait opéré. Aux dernières nouvelles, Greg ne sait toujours pas faire de créneau, et Kirby n'a pas eu besoin de vendre un rein pour combler son découvert. J'ai quitté ce logement qui doit être livré sous peu aux morsures des bulldozers.



Mais en repassant dans la rue l'autre jour, il m'a semblé entendre des cris et des exclamations, venues de l'autre côté du temps... En repasant par la place du vénérable Théâtre Graslin, j'ai parfois l'impression de voir des culs sortir de la brume...



Alors ce n'est pas Leucate, ce n'est pas Ouistreham, ce n'est pas une soirée chez papa et maman EcsTazY/Raclette, mais bordel. J'en ai encore les larmes aux yeux. Je ne remercierai jamais assez tous ces gens d'avoir participé à ça, avec coeur, fougue et passion. Ce compte-rendu est un pâle étron fumant qui ne rend grâce en rien à la magie de ce moment. Mais je vous emmerde.


A la folie.