Visitez notre service tlmatique: 3615 NESPAS, 90cts/mn.
Dynablaster
Hudson Soft - 1990
le retour de Mister par Petemul

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Vous ferais-je l'insulte de vous dcrire ce qu'est Dynablaster ? Oui ? Peut-tre ? Et si je vous dit qu'en fait il s'agit de Bomberman ? Aaaah, la lumire illumine vos yeux ternes, jeunes botiens. Donc voil, Dynablaster n'est autre que la version Game Boy Frigo de ce jeu ultra-clbre. A partir de l, quasiment tout est dit.



Oui car si l'on y rflchit bien, c'est quoi, Bomberman, part du gros gavage en multijoueur ? Pas grand chose. Et y'a-t-il une console moins multijoueur que le Game Boy ? Oui, bon, que ceux qui voulaient me rpondre "Virtual Boy, Game Gear, Lynx, Supervision, 3DO" baissent le bras. Je vous mets au dfi de trouver quelqu'un qui a jou deux Dynablaster. Dj que jouer Tetris deux, a arrivait pas souvent, alors les jeux qui n'taient pas en bundle, laissez-moi rire ; le Game Boy tait avant tout un plaisir solitaire.



Il faudrait donc tre mad, ou trs con (voire les deux mme !) pour imaginer une seule seconde que ce jeu-l arrive compenser ce handicap. Et bingo. Ca coince un peu. Mais les efforts dvelopps sont louables plus d'un titre, et mritent notre attention. Car finalement, Dynablaster en solo, va se rvler tre assez, malgr ses raideurs, digeste. Un jeu de mots bon enfant, ha ha, je me gausse, c'est trop bon. Ami internaute, maintenant que nous sommes dtendus, penchons-nous sur ce cas.



Dynablaster est du deux en 1. A ma gauche, un Bomberman scnaris (ahem) proche des modes "histoire" des versions Super Nintendo par exemple, ma droite, un Bomberman par tableaux beaucoup plus dans la ligne dure du Parti. Cette cartouche est donc une illustration assez criante du phnomne qui touchait les diteurs cette poque, le "butt between two chairs syndrom". Le dilemme Cornlien entre "j'innove, je laisse ma crativit s'battre joyeusement comme un chien fou sur le terrain d'une console progammable de la main gauche" et "je recycle les fonds de tiroirs pas cher, a marchera forcment." Dans un esprit de consensus, les petits gars de Hudson Soft ont donc mlang le tout, et c'est tant mieux. Du moins, c'est tant mieux que nous ne retrouvions pas juste avec le jeu tableau, ce qui aurait constitu une vritable escroquerie.



Commenons donc par celui-ci. Une succession d'crans minimalistes nous plonge directement dans le jeu sans autre forme de procs. De toute faon, d'une, l'histoire, on s'en cogne fabuleusement, de deux, les contrles sont simplissimes. Je les rappelle juste pour les abrutis et les pauvres du premier rang : on se dplace vu de haut sur une grille avec la croix. On pose des bombes avec A, qui ptent au bout de deux secondes. Plus tard, on pourra dclencher volo les explosions avec B. Voil.



La simplicit des contrles est, reconnaissons-le, en parfaite adquation avec l'environnement graphique et sonore. Passons vite sur cette figure impose de la critique vidoludique voulez-vous, d'autant que a sera court : c'est chier. Pouf. Musiques, sons, jingles, sprites, tout est vraiment moche. Dans d'autres jeux j'aurais dit "clair, pur, sobre", mais l non, c'est en plus compltement laid. Les monstres feraient presque peur, avec leur sourire faussement rassurant, genre "viens l, gentil garon, je vais manger ton foie avec des fves au beurre".



Il va donc vous falloir du cran, beaucoup de cran, pour vous farcir CINQUANTE NIVEAUX absolument identiques. Oh, certes, les ennemis changent un peu. On va de l'ampoule et de la tomate aux pices gantes, en passant par d'autres trucs compltement improbables. Les tableaux sont de plus en plus chargs en murs faire pter, les options vous transforment petit petit en machine de guerre quasi invincible, vu qu'au bout d'un moment vous tes immuniss contre vos propres bombes, ce qui vous permet de vous transformer en torche humaine permanente. C'est rigolo, mais sur 25 niveaux rigoureusement semblables sur le plan du dcor ( savoir : un fond blanc), a lasse un peu.



Et voil, on avance, on avance, on avance, on a pas assez d'essence pour faire la route dans l'autre sens et puis de toute faon c'est hors de question aprs avoir dj fait tout ce chemin, merde. C'est la seule chose qui vous poussera jusqu'au bout : le challenge, tout ce qui a commenc doit avoir une fin, etc. Laquelle fin sera dans les canons de l'poque : un cran, un texte, et hop on repart pour cinquante niveaux, qu'est-ce qu'on se marre les gars ! Bref. Il est temps de passer au mode "histoire".



L, a s'toffe un peu. Un perso, un peu plus balourd au dbut, va devoir nettoyer 7 niveaux avant de se mesurer au niveau final pour sauver le pays. Je dis se mesurer au "niveau" final et pas au boss, non, pas tout la fois s'il vous plat, les boss on inventera a dans une version ultrieure.



Grosso modo, c'est pareil que le mode "tableaux", mais en plus dcoup, par tapes. Chaque niveau comporte un nombre variable de tableaux, que vous devrez savamment purer ethniquement coup de napalm, en ramassant tout le butin que vous pouvez.



Alors dj a permet un truc de fou, une amlioration de gedin, une rvolution : varit dans les environnements. Vous n'aurez plus, merci mon Dieu ! la mme musique, les mme dcors et les mme sets de monstres sur 50 niveaux, mais juste sur une petite dizaine. Rien que a, franchement, c'est apprciable, mme si rien que dix tableaux ce rgime c'est tout juste limite.



Mais a ne s'arrte pas l, non, c'est Nol, on fait tourner les serviettes. Alors que dans le mode traditionnel chaque item ramass tait ajout votre panoplie sance tenante, ici vous allez pouvoir grer l'quipement. Oui, tous les bonus classiques vous sont accessibles via un magasin : puissance de feu, nombre de bombes, vies, speed-up, etc. Vous ferez votre choix avant chaque tableau. C'est pas la rvolution vu que trs vite vous allez trouver votre configuration rfrence et ne plus en dcoller, mais le petit plus, c'est que pour dbloquer certains items, il faut finir un niveau, justement. Donc vous commencez avec l'artillerie de base, et hop vous de voir si vous souhaitez dbloquer en premier lieu les patins roulette ou la tlcommande de mise feu. C'est sympa comme tout.



Et ensuite ? Ensuite rien. Voil. On torche tout a, la frache, en y passant une aprs-midi, et on le range dans un coin. A l'poque, o avoir un jeu Game Boy tait en soi une raison suffisante pour l'explorer fond, a se comprend que j'y aie pass des heures et des heures. Mais il faut bien reconnatre que, mme en mode "histoire", c'est un peu gavant sur les bords. Manque de varit, pas de boss, un environnement quelconque, c'est sympa, mais a casse pas des briques, ft-ce coup de bombes (uh uh uh). Donc Dynablaster est une curiosit pour collectionneur acharn ou GameBoyeur maniaque, avec quelques ides intressantes, mais vu ce qui existe ailleurs, on n'y reviendra pas forcment souvent.

Le point de vue de César Ramos :
Commun, a rien.