Le colonel Moutarde, avec le chandelier, dans la bibliothque.
Gauntlet 2
Mindscape - 1991
Recyclage, cidre, et slip de peau par Petemul

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Gauntlet II. Ha ha, Gauntlet II. Gauntlet II. Gauntlet II !! Mon Dieu, Gauntlet II !!! LE Gauntlet II ! Oui ? LE Gauntlet II ?



Eh bien non. Pas LE Gauntlet II, mais UNE DES adaptations de Gauntlet II. Sur Game Boy, en Noir et Blanc dont au sujet duquel on sait que si a s'trouve que a passe quand mme, parce qu'on est oldie et qu'on sait bien depuis l'poque de la triplette Game Gear - Lynx - Game Boy, que ce n'est pas avec de la couleur qu'on fait les meilleures soupes.



Gauntlet II, sous-entendu suite du 1. Vous ne connaissez pas Gauntlet ? Ce n'est pas grave, ami internaute. On peut vivre trs bien sans aucune espce de culture. Pour ma part j'ai un ami qui vit l'abri du besoin avec une femme aimante, trois beaux enfants et de magnifiques chemises coupe impeccable, tout en tant persuad que les noms des quatre Tortues Ninjas viennent de spcialits culinaires italiennes. Non, je plaisante, un ami pareil ne serait plus mon ami. Vivre sans culture, c'est se condamner avoir le cerveau aride ; et un cerveau aride est vieux avant l'ge. Ce qui n'est pas bien.



Mais revenons au sujet. Gauntlet II. Ce n'est pas rien, Gauntlet II, c'est mme un peu culte sur les bords. On est quand mme devant un jeu sorti, par exemple sur Atari, oui oui, les micro-ordinateurs avec plein de jeux, en 1986, qui dfiaient firement les Amiga. Suite de Gauntlet 1 (qui l'et cru), qui avait fait grand bruit. Arcade, Atari, annes 80, on sent dj le souffle chaud de la lgende...



Et donc, ce jeu est le genre de jeu avec un joli cran titre montrant ce qui se fait de mieux en matire de clichs d'heroic-fantasy : le barbare chevelu en slip, le magicien barbu en robe, l'elfe menu en Errol Flynn de contrebande, et la guerrire siliconne en bikini. Un cran-titre ma foi pas moche, mme en niveaux de vert-de-gris dgueulasse que notre console prfre sait si bien nous faire apprcier, mme sans rtro-clairage, et chaque fois que j'y pense a me la coupe. Ah, crans de Lynx, de Game Gear... quelles tristes destines que les vtres... * sigh *


Vous m'en direz tant.


J'en rajoute une couche sur l'histoire des consoles parce que Gauntlet II illustre mon avis un cas typique. Prenez un portage absolument identique d'un jeu sorti 5 ans auparavant - donc je rsume : un jeu prhistorique, en moins beau sur un cran tout petit sans couleur et avec un chiptune limit ( titre de comparaison, sur Lynx, on a eu Gauntlet III, quand mme) et il va se vendre. Et c'est avec ce genre de plaisirs monochromes de plats resservis, moindre cot, et sans une once de changement, que Nintendo a dfonc l'anus de ses concurrents au verre pil. "Du plaisir simple pas cher". Un peu comme pour Ursula "Grand Huit" Vaginovska sur la N122, tous les soirs sauf le dimanche aprs 22h00.



Et Gauntlet II c'est bel est bien du plaisir simple. Normal : a nous vient de l'arcade, la base. Juste aprs l'cran-titre, vous avez un cran-moche, sur lequel une pression de votre croix dans une direction vous permettra de slectionner votre personnage (chacun ayant, vous vous en doutez, ses spcificits). Puis start et zou c'est parti sans fioritures inutiles, "level 1", vous voil dans l'action. Votre personnage vu de haut n'attends plus que vos instructions pour avancer dans un labyrinthe vu de haut. Un gros. Un trs gros. Et sans carte, videmment.



C'est d'une vidence renversante. Il faudrait tre mad ou trs con (voire les deux) pour ne pas piger le fonctionnement du bousin. Un bouton pour tirer, un pour utiliser une potion, qui aura pour effet de faire disparatre plus ou moins d'ennemis de l'cran. Des ennemis il y en a, oui, videmment, s'il n'y avait que des murs dans ce donjon a serait trop simple, jeune sot... il y a aussi donc plein d'ennemis. En MASSE. D'ailleurs, je vous apprends peut-tre que "gauntlet" ne veut pas seulement dire "gantelet" mais aussi "foule hostile" (dans l'expression idiomatique "to run the gauntlet").



Donc, des ennemis de toutes sortes, de ceux qui vont vous foncer dessus en kamikaze, de ceux qui vous vous taper dessus en gros brutos, ceux qui tirent en ligne droite, ceux qui tirent au-dessus des murs, ceux qui ne crvent que dans certains conditions, ceux qui ne crvent pas, le bestiaire en a revendre. Avec de temps en temps un gros dragon qui fait mal et qui garde un gros trsor.



Tout ceci parsme joyeusement l'cran sous lequel se trouvent votre inventaire (des cls pour les portes, des potions pour nettoyer le terrain), vos points, et votre sant. Celle-ci est sous la forme d'un compteur qui va dcroissant chaque seconde, sans compter les coups dans la figure. Vous commencez 2000, et il va donc vite falloir trouver de la nourriture... pour ne pas crever comme une merde. Rien ne vous empchera par la suite d'aller jusqu' 9999, ce qui, avec un peu d'habitude, se fait bien.



Et donc vous avancez, de niveau en niveau, vous pulvrisez les ennemis, vous prenez des cls, ouvrez des portes, ramassez les trsors, les items aussi. Car il y a des objets qui ont des effets sympa : les tirs rebondissants, l'amulette qui fait fuir les ennemis, le passe-muraille, etc. Le tout annonc grands coups de voix digitalises cathareuses, certaines phrases faisant encore objet d'un culte sur le net (dans des milieux trs ferms, je vous rassure ; et non, ma mre n'a rien voir l-dedans). Par exemple, si vous tapez "elf needs food badly" ou "elf shot the food", sur Google, vous risquez d'tre surpris.



Voil. Et a continue. Indfiniment, car, oui, l'poque, mettre une fin ce genre de jeu tait vaguement facultatif. On a donc un systme vraiment oldie de tableaux qui s'enchanent jusqu' ce que le joueur en ait marre, on joue jusqu' plus soif, juste pour jouer, pas pour "terminer". Une autre poque, oui...



Est-ce que c'est rigolo ? Ca dpend. Moi perso je le trouve sympa, quand on sait qu'on a le temps devant soi d'aller plus loin que les premiers niveaux qu'on commence connatre un peu trop par cur. Ce jeu a un petit charme a lui, on se sent vraiment perdu et tout seul dans l'immensit glaante et hostile... ah oui parce que c'est vraiment le dsert niveau ambiance sonore. Pas de musique, des sons parfois qui viennent de nulle part, limite un peu oppressant, quoi. De temps en temps on peste contre cette putain de bouteille de cidre (nous savons tous que les barbares sont Celtes, hein) qui se trouvait sur la trajectoire d'une hache perdue, et merde j'ai pt un objet. Oui car certains objets sont fragiles, et c'est extrmement frustrant d'avoir enfin ratatin cette saloperie de dragon (qui potentiellement peut vous transformer en cendres en quelques secondes), et d'avoir donn le coup de trop qui fait se volatiliser la potion cense vous donner un pouvoir supplmentaire. Parce qu'effectivement on peut un peu s'upgrader, oui, il y a six "postes" upgradables : la capacit de l'inventaire, la dfense, la vitesse, l'attaque distance, l'attaque au corps corps, et la magie. Ca permet de varier un peu et surtout de compenser les lacunes des persos de base, pour se transformer bien vite en gros bourrin. Ce qui est, vous en conviendrez, un peu l'objectif final de tout joueur qui se respecte, quelque part.



Le coup des objets qui ptent prend encore plus de saveur quand on joue deux. Oui, l je sens que vous tendez l'oreille. Le multijoueur sur Game Boy, a fait frmir, et l, a passe. Et a vaut mieux car sur un jeu pareil, c'est bien le multijoueur qui donne toute la dimension l'ensemble. Et deux, vous serez la fois allis et rivaux, parce que le nombre d'items ne double pas, on se partage tout, et donc non seulement on se chipe les bonus mais on peut par maladresse pter celui convoit par son partenaire. Ce qui, associ aux longues engueulades sur la direction suivre, donne lieu un florilge des plus belles insultes bon esprit. Je ne compte plus les aprs-midi passes sur la version Atari o, avec un copain, nous avons enrichi notre vocabulaire de noms d'oiseaux une vitesse prodigieuse.

Donc voil, un jeu sympa, encore plus deux. C'est, je le rpte, le jeu d'arcade qu'on ne fait pas pour finir mais pour s'occuper jusqu' ce qu'on s'en lasse. Et l'poque o j'ai dcouvert ce jeu, il en fallait beaucoup pour me lasser. Comprenez-moi : j'tais en vacances Strasbourg. *soupir*



Pour la petite histoire, mon record sur Game Boy est de 7 heures et demie d'affile, ce qui m'a men jusqu'au niveau 217. Je n'avais plus de pouce mais ce n'tait pas grave, mes nerfs taients morts aussi. Et si je me suis arrt, c'est juste parce que je devais aller manger et que je en voulais pas laisser la GB allume pendant l'heure et demie du dner familial (oui, chez les grands-parents, le temps se dilate...). "PeteMul needs food badly", aurait-on pu dire, ah ha ha, je pouffe cette blague fort propos.

Alors je veux bien passer pour un psychopathe, un acharn, mais si j'ai tenu ce temps l dessus, c'est que quand mme, quelque part, c'est un jeu un peu bien. Aujourd'hui, avec l'mulation, on peut jouer la version NES sur sa portable, mais si vous tes un pur et que vous voulez du fun dans votre authentique Game Boy, cette cartouche vous tend les bras.



Ceci dit si vous tes un vrai de vrai pur et dur niveau 2 qui se respecte, vous n'y jouerez pas. Ah. Oui parce qu'en fait, les autres versions sont 15 fois mieux. En gros si vous n'avez que votre Game Boy pour meubler vos journes (ce que je ne vous souhaite pas, car nonobstant les qualits de cette console, une vie sociale bien remplie et une bibliothque bien garnie sont quand mme des choses qui me semblent indispensables une existence quilibre), oui, la rigueur. Mais vous trouverez bien d'autres versions plus jolies, plus confortables visuellement, moins ppres sur le plan de la difficult, et plus funky, toujours en repensant au multijoueur. A vous de voir.
Le point de vue de César Ramos :
Peu commun, vraiment rien.