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Radar Mission
Nintendo - 1990
Objet Coulant Non Identifi par Petemul

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Le Game Boy est vraiment un objet formidable. Radar Mission est un jeu formidable, donc a tombe plutt bien. Aprs une telle entre en matire, j'imagine que vous frtillez donc toutes et tous comme des pucelles le soir du Grand Soir en vous demandant - et c'est lgitime - quel est ce jeu formidable sur la console du Bien ? Eh bien, ce jeu, Radar Mission, est une simulation de sous-marin, rien de moins. Enfin si, moins, parce qu'en fait, c'est pas une simulation du tout. Mais quand mme, un jeu DE SOUS-MARIN. En partie. Rien qu' l'poque, le concept m'avait trou le cul. Et a, c'est dj fort.


Aaah, Toulon, Brest, cits resplendissantes...


Qu'y a-t-il, sous cette apparence rude et virile, sous cette tiquette d'un destroyer inscrit dans un colimateur plein de menaces ? Quels secrets obscurs de la Grande Muette recelle cette cartouche oublie au fond des ges ?


Matre mot : ralisme. On a huit canons points sur nous mais c'est pas grave, on va tout ravager.


Radar Mission, amis oldies, c'est du 2 en 1. Deux modes qui n'ont rien voir entre eux part l'lment marin et les galons militaires. Et le fait qu'on puisse y jouer deux, ce qui est *** bien *** .


Grille de jeu, version grande taille.


Le mode A est tout simplement une bataille navale. Oui, la bonne vieille bataille navale des familles, et donc, dj, on n'est pas du tout un sous-marin, mais c'est pas grave. Sauf que ce n'est pas si simple. Bon, videmment on peut paramtrer la difficult, la taille de la grille, et tout : minimum syndical, me direz-vous. On aurait eu moins, j'aurais dj incendi les dveloppeurs sur trois pages, ils s'en tirent donc bon compte. Une fois tout ceci paramtr, c'est parti pour trois niveaux de baston.



On place ses bateaux, on bouge son curseur sur une grille, on tire, jolie animation qui montre le missile qui part et qui tombe sur le bateau l'horizon. Ou ct. Ca met un peu de suspens, en mme temps, a dure pas trop longtemps pour qu'on s'ennuie sur toute une partie, perso j'aime. Et quand le CPU envoie les drages, on voit sa grille vue de haut, et on stresse mort en voyant que a zoome sur une zone o on a plac ses pions, et aaaaaah plouf. Ouf. On s'en tire bien pour cette fois.



Ceci dit, si a s'arrtait l, j'aurais aussi vitrifi au napalm (?) les dveloppeurs, parce que bon, faut pas dconner. Et a tombe bien : il ya des petits trucs en plus. Pas la rvolution des mers, mais des choses sympas comme tout, genre la cuillre de crme frache qui donne encore plus de saveur aux pinards (oui de toute faon j'aime les pinards, je suis un extra-terrestre et je vous merde).



Par exemple, les porte-avions. Les porte-avions, a porte des avions, non ? Eh ben l, si au bout de 25 tours peu prs (je crois, et on s'en tape aprs tout) les porte-avions sont intacts, ils lancent un avion. Qui a la particularit de changer de case chaque tour, du moment que
la nouvelle case n'ai jamais t vise auparavant. Chiant, parce qu'on peut pas les dtecter, eux.


Vos navires, avec votre avion lanc.


Ah oui parce qu'on peut dtecter les navires. Enfin, disons que quand on tire ct d'un bateau, a fait un "bip bip" qui veut dire qu'il y a quelque chose sur une case adjacente au celle qu'on vient de viser. Ca change pas mal de choses au niveau de la stratgie habituelle ! Evidemment cette option est dsactivable, mais a bouscule les habitudes, c'est frais, c'est beau, c'est magique.


Une jolie cinmatique du dcollage de l'appareil ennemi.


Enfin, last but not least, il y a des power-shots, des espces de bonus de la mort. Des tirs multiples en croix, allez hop, c'est parti pour une salve de pruneaux sur 9 cases d'affile, ou alors sur un "tir fatal", que je surnomme affectueusement "la grosse praline" : si vous touchez un navire, il coule. Mme si c'est l'espce de truc chiant du niveau 3 qui fait 8 cases de long. Hu hu hu, je vous raconte pas le panard quand on touche son but en tirant au hasard. (Bon, l o c'est le stress, c'est que le CPU, ben il peut aussi en avoir... et perdre son porte-avion en un coup, a fait un peu flipper.)


On droule le tapis de bombes...


Et voil. On coule cette saloperie de flotte ennemie et on va chercher ses mdailles, holy mother of god, encore une putain de bonne journe plomber ces maudits rebelles. Ca donnerait presque envie de se mettre fumer le cigare en coutant du Wagner.


On peut tre militaire et avoir de l'humour !


Mode B, c'est plus vivant, si je puis dire. Fini le tour par tour, l on va dgommer en direct. Deux flottes s'affrontent, pleines de bateaux appuyes chacune par un sous-marin. A ma gauche, les nobles forces des Etoiles, et ma droite, les puissantes troupes des Croissants. J'adore cette symbolique de bon got tout fait d'actualit. Une chance que les toiles soient cinq branches et non six. Bravo les concepteurs, en plein dans le mille.


Vue classique. Le petit bateau va faire dans son slip dans moins de deux. (J'aime l'humour militaire.)


Ce dtail (?) pass, donc, quoi c'est-y qu'on a ? Ce n'est pas facile dcrire, accrochez-vous. Imaginez-vous jouant Doom. Dans les mains, vous avez un double shotgun qui se recharge trs lentement (les torpilles) et une mitrailleuse rapide courte porte et faisant des dgts de merde (les je-sais-pas-quoi, mini depth-charges ou gros boulons, bref). Et imaginez que vous ne pouviez QUE strafer, c'est dire que vous ne vous dplacez que suivant une direction (et donc dans deux sens, en l'occurrence gauche et droite - rvisez vos maths).


Attention. Les avions peuvent vous lancer des torpilles.


Face vous, en surface : la mer et ses mystres et surtout plein de bateaux des distances diffrentes. Ca va de la vedette minable au porte-avion qui vous balance des avions (et oui) qui vous balancent des torpilles dans la figure. Et un sous-marin, qui sera au premier plan. Evidemment, tout cela n'est pas dans le mme cran, faut bouger de droite et de gauche pour voir les gens, bande de rsidus de raclure du bidet de Staline (on dit "Yes sir !").

Et "derrire vous", la mme chose. Et le sous-marin, c'est vous. Donc, deux flottes identiques en nombre se faisant face. En plonge, on voit la mme chose, en vue radar. Ca va plus vite mais on peut pas tirer, par contre on voit tout le monde, on planifie ses dplacements. Et videmment on chappe aussi aux tirs.


On joue 4-4-2, modifiable en 4-3-3, avec option 5-8-2, retour au centre, passage sur les cts et double vrille pique...


Car oui, le but, c'est de plomber l'adversaire. On est quand mme chez les militaires, je vous rappelle. Le challenge est simple : coulez toute la flotte adverse OU le sous-marin avant que l'inverse ne se produise.


Pendant qu'une torpille file vers le croiseur du fond, le sous-marin ennemi fait surface. Baston !


Concrtement, a veut dire que c'est une course contre la montre : vous vous magnez le cul pilonner tout ce qui vous passe sous le viseur en entendant l'adversaire faire de mme, bordel, magnez-vous en salle des machines, on se fait pulvriser, renversez la vapeur, ce destroyer nous est pass sous le nez, aaargh. Et quand on croise le sous-marin ennemi en surface, l c'est la boucherie, on balance toute la sauce, stress norme, j'aime, une fois sur deux on finit soi-mme transform en rcif artificiel. Donc soit vous vous la jouez "j'optimise tous mes dplacements et mes tirs", soit vous vous la faites "je rushe sur le connard d'en face et je le savate en moins de 20 secondes". La tactique dite "du Lamentin Fourbe" tant de remonter en surface juste le temps de balancer ses torpilles et replonger aussitt. Sans vraiment viser, donc. A Counter-Strike, a ferait un peu "je prends mon fusil de snipe, je saute de derrire ma caisse et je tente un head-shot sans m'arrter et surtout sans regarder dans le viseur". J'ose pas imaginer le chaos en salle des machines.


Le coup de grce.


De plus, c'est pas forcment vident. Au niveau le plus dur, y'a du challenge, car le CPU va trs vite. En plus il y a deux-trois options sympa pour agrmenter tout a : un double tir de torpilles, un turbo (l'option indispensable, soit dit en passant), et un sonar amlior qui rajoute, la position des navires, leur sens de dplacement (l'option souvent sous-estime, mais bien plus indispensable que le double-tir si vous esprez vous en sortir avec honneurs aux niveaux levs). Donc c'est que du bonheur en barre.


Vous m'en mettrez trois kilos, Mr. Carrington. Non, pas celles-l, ma femme dit qu'elles sont farineuses.


Que ce soit en mode A ou en mode B, le jeu passe comme une caramel au beurre sal dans la gorge d'un breton en manque de douceurs : des fois a coeure, a colle un peu aux dents et a fait chier, mais le plus souvent a ne se refuse pas. Les graphismes sont simples et fonctionnels, voire pas dgueus, avec de trs belles animations par moment qui montrent que mme avec 4 niveaux de gris, on peut faire quelque chose qui a un peu de gueule. Les musiques sont relativement quelconque, avec cet avantage qu'elles sont pas compltement agaantes au bout de 28 secondes. Et la maniabilit de tout a est d'une simplicit qui me laisse pantois, moi qui pourtant en ai vu d'autres sous nos hmisphres.


Parade de victoire. Ca a pas la classe d'un triomphe la romaine, mais on s'en contentera.


Et ce jeu a l'avantage en plus d'avoir un comportement diffrent chaque partie, ce qui n'tait pas le cas de la plupart des jeux GameBoy de l'poque (bah oui, peu de jeux de sport, et Street Fighter II n'existait pas...), en consquence de quoi je le dclare comme "excellent pour les chiottes" : rapide, immdiat, et constamment renouvell.

Un bon produit du terroir bien de chez nous. Reprenez donc tous en choeur avec moi : "In the Navy, yes you can sail the seven seas..."

Le point de vue de César Ramos :
Commun, pour des pecadilles.