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Choplifter 2
Victor Interactive - 1991
Btancourt, nous voil ! par Petemul

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Que les ravioles et les danseuses passent leur chemin : nous allons parler virilit et poils. Notre jeu d'aujourd'hui est l pour flatter la partie la plus testostrone du gamer qui sommeille en chacun de nous en nous mettant aux commandes d'un demi-million de dollars de matriel, alors qu'ici on n'arrive mme pas trouver un boulot de gardien de parking.



Cette guerre, c'tait pas la ntre, et pourtant nous y sommes alls. Nous avons survol l'enfer de la jungle pour sauver le monde. Ou, dfaut du monde, quelques menus otages dissmins a et l, car on ne met pas ses oeufs dans le mme caleon quand on est un preneur d'otages bien lev.



Regardez d'abord votre fier destrier des airs. Elgant, rac, monstre de technologie, il vous permet de... de voler. C'est dj pas mal. Pour le petit merdeux de base pour qui "voler" ne se traduit que par "emprunter de faon illimite la mobylette du monsieur", c'est un peu de rve qui lui coule entre les doigts. Lorsque le Game Boy s'lance, votre monture s'lve lentement, pales fouettant l'air moite toute berzingue, c'est beau, on dirait l'introduction d'un Star Wars.



On pilote donc un hlicoptre. Ou du moins, on le dplace, en 2D, on est sur Game Boy quand mme, ha ha ha jeune sot... Avant, arrire, ou plus exactement gauche, droite, super. Une courte pression sur la croix permettra de le faire pivoter. Il existe donc trois positions : orient gauche, orient droite, et orient face au joueur. Tant de possibilits, mon Dieu, je n'en demandais pas tant, c'est grisant.



Mais on n'a vu encore aucun commando secourir des otages en deltaplane. Votre hlicoptre peut voler, oui, mais aussi tirer. Une grosse sulfateuse qui fait deux fois du bruit pour une seule cartouche, miracle de la technologie. J'appuie sur A et pouf, a envoie les pralines, bluffant de simplicit. Et comme vous ne pourrez tirer que devant vous, l'orientation de l'engin commence avoir son importance. Oui, elles me disent toutes a aussi.



Outre la grosse mitrailleuse, qui peut faire sauter peu prs n'importe quoi, du singe lanceur de noix de coco jusqu'au tank double blindage, vous pourrez aussi collecter des armes secondaires qui font toujours la joie des petits et des grands : bombes, missiles, lance-flamme, et tutti quanti. L encore, du classique, on n'est pas l pour dconner.



Il va falloir maintenant aller au secours des otages. Je m'envole donc, et je fonce, insouciant, ne prenant mme pas la peine de saluer cet oiseau au passage que je m'apprte dcouper coups de pales. Echec. Le volatile me fait perdre une partie de ma barre de vie. Merde, c'est quoi ce pays o les piafs sont en tflon ? Je me reprends, et je continue vers l'horizon. Une maison, impermable mes balles, apparat mes pieds. De part et d'autres, des canons divers et varis que je fais sauter en esquissant un bref sourire tant c'est de la gnognotte. Des canons anti-ariens qui tirent l'horizontale, je pouffe... Et autour de la maison, les otages, le mythe.



Oui, le mythe. Des petits bonhommes, tout rikiki, matrialiss en 4 pixels et demi. Je les appelle les Lemmings. Ils se promnent l'air, tranquilles, pas un seul garde, non non. Et ils agitent frntiquement les bras, pour me faire signe d'atterrir, mon dieu que c'est pathtique ! Leur pauvre existence ne tient qu' mon bon vouloir. Dans un rire gras, j'appuie malencontreusement sur la gchette et je lche une rafale, plaf.



Et l c'est le drame. L'un des otages se volatilise. Bordel de putain de merde, ils craignent les balles en plus ces demeurs ? N'tait mon prodigieux sens du devoir, je les enverrais chier bien proprement et retournerait ma vie d'alcool et de filles faciles. Mais je ne suis pas de ce genre l, non, j'ai ma fiert. Je persvre. Je perds surtout encore un quart de ma vie en me gaufrant contre le mur, puis, une fois pos, je vois mes petits lemmings se prcipiter vers moi et monter bord. Il tait temps, holy crap.



Ah, ces otages... quand je parle de mythe, je sais de quoi je parle, sacrnom. Ils sont vraiment attachants. Quand on va dcharger sa cargaison la base, ils filent la queue-leu-leu vers la porte de l'abri, mais le dernier s'arrte, se tourne vers mon hlico et m'adresse de grands gestes de remerciements. C'est chou. Plus tard vous pourrez les sauver en leur lanant un filin sans avoir vous poser, ils grimperont comme des forcens, en serrant les fesses pour que vous ne fassiez pas la bourde suprme de remonter le filin avant qu'ils soient bord, ce qui provoquerait leur mort lamentable.



C'est qu'il va falloir les chouchouter ces braves gars. Un rapide coup d'oeil en bas de l'cran m'aura vite appris que j'en ai un certain nombre ramener chaque niveau, et que je ne peux pas en charger plus de dix dans mon appareil. En consquence, si j'ai la bonne ide d'exploser en vol avec les soutes pleines, dans le cul la mission. Il va donc falloir tre prudent dans mon exploration du coin.



Et l on distingue deux sortes d'hommes. Il y a les mickeys, ceux qui ne se sont engags que pour le prestige de l'uniforme et pour le ssame qu'il reprsente aurps des gagneuses de Sagon. Ceux-l fouettent des quatre fers ds que la tempte se lve et attendent chaque permission comme des pucelles effarouches ; accessoirement, ils se limitent sauver le minimum d'otages requis par niveau. Les faibles. Et puis il y a les vrais, les tatous, ceux qui petit-djeunent d'un niak cru tous les matins, qui ont "bienvenue Parign l'Evque" tatou sur le zob, qui ne vivent que pour la guerre, l'exploit, la gloire, et ct de qui Patton fait figure de coiffeuse. Eux vont tout explorer, rafler tout les bonus, et surtout rcuprer tous les otages, mme dans les coins les plus reculs de la Mayenne, qu'importe le pril et l'odeur de sueur persistante sous leurs aisselles.



Et quand on a des couilles comme des melons, on est un as du manche. Mais ne me regardez pas comme a, espce d'ahuri. Je parle de comptences de pilotage. Certains passages sont du plus pur style "le pixel prs". Le concept de masque de collision va prendre tout son sens, surtout quand les Anglais dbarquent, et qu'on est oblig de passer par derrire, vous savez, par ce tunnel tout sombre qui ne sent pas trs bon. Et un tunnel troit dans lequel des geyser manquent de vous plaquer sur les stalactites du plafond tandis qu'un canon de DCA vous pilonne mthodiquement, on a beau dire, c'est un rien stressant. Il faudra donc de sacres burnes pour venir bout des niveaux 4 et 5. Choplifter fait partie de ces jeux qui, pour un pixel mal apprci, vous donnent envie de fracasser l'cran de votre Game Boy coups de front.



Mais il faudrait tre mad, ou trs con - les deux mme - pour se laisser ainsi dominer par ses pulsions animales. Le oldisme ne cre-t-il pas des hros ? Alors ne rechignez pas la besogne. En vous couvrant les oreilles, a sera tout fait faisable. Oui parce que si les graphismes sont d'un pur tout fait militaire, les musiques sont un poil pte-bonbons. Ceci dit, tout bien pes, on s'en bat les steaks.



L'important c'est de rpondre cette question : tes-vous du bois dont on fait les connards, ou de l'acier dont on fait les lgendes de la voltige ? La rponse vous attend, rotor rutilant sous le soleil des tropiques. Choplifter est un jeu rude, pre, austre, dconcertant. Mais on apprcie d'autant de lui faire rendre gorge, de le retourner comme une crpe. La satisfaction du bon boulot bien fait. A l'ancienne.
Le point de vue de César Ramos :
Commun, pour des pecadilles.