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Castlevania : bloodlines
Konami - 1994
Golems sous EPO par Petemul

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
La guerre Sega / Nintendo s'est joue grands coups de technologie, certes, mais surtout grands coups de licences. N'oublions jamais que ce qui a sauv le cul de Nintendo, a aura toujours t les jeux licence en or pur : Super Mario, Zelda, Street Fighter II, les Pokmons, et Wii Fit. Non je dconne, il faudrait tre Mad, ou trs con (les deux mme !) pour mettre Wii Fit ct de Ryu et Pikachu, mais en mme temps on s'en branle.



Or donc, il fut une poque o Castlevania, srie visionnaire de la vague loli-goth chez nos ados attards d'aujourd'hui, appartenait quasi exclusivement Nintendo. Je dis quasi exclusivement, parce qu'en fait non, mais pour faire simple, vous aviez 3 pisodes sur NES, 1 sur Super Nintendo, 2 sur Game Boy : les choses taient claires.



Mais chez Sega on n'est pas de ravioles. Et tout comme je fais une rvolution en vous lisant ma premire critique chez "l'ennemi", ce fut un petit tonnerre de Brest que nous vcmes jadis, lorsque les Belmont se sont imports chez celui qui se prtendait plus fort que nous.



Sauf que pas de Belmont ici. Ah, oui, faut pas exagrer. Castlevania Bloodlines garde le gros mchant, Dracula, vampire malfique et au fond de teint douteux, mais change un peu le reste, savoir les dcors et les gentils.



Autrefois c'tait standard : on avait un brutos / chevalier quelconque qui avanait comme un golem et qui tapait tout le monde avec son fouet dans des dcors moyen-geux. C'tait simple, a respirait Conan le Barbare et le chteau fort avec lequel vous jouiez la garderie du coin, le mercredi matin, quand cet imbcile de Geoffroy qui tapait trs fort prfrait la moto verte de Zap Man.



Mais l non. Pas de Jean-Pierre Belmont, mais deux montagnes de burnes et de testostrone : John Morris, dont la carrure rapelle trangement l'armoire normande de ma grand-mre, et Eric Lecarde, un belltre coiff comme Jean-Michel Jarre et dont la tenue vestimentaire devait tre la mode peu prs entre -121 et -119 Corinthe. Et on ne va plus se farcir les 256 tages de la Villa d't du boucher des carpates, mais plutt une jolie promenade dans l'Europe du dbut du XXime sicle, avec tout son folklore industriel Bismarckien et Austro-Hongrois, mention "Franois Ferdinand chez les ncrophiles".



La Megadrive a bien compris que pour rivaliser avec sa Nemesis, il fallait la battre sur le terrain qui lui avait toujours souri : la vitesse. Niveau graphismes et musiques, en effet, ct de Super Castlevania IV, c'tait pourri d'avance, alors on va carburer au super et enfiler ses baskets rouges et blanches. Avec tout de mme quelques perles techniques, surtout niveau animation, dans les coins.



On a donc un jeu terne et moite, aussi bien pour les yeux et les oreilles. Ne vous mprenez pas, ce n'est pas en soi une mauvaise chose : c'est tout fait l'unisson de l'ambiance voulule. Je vous rappelle qu'on ne joue pas un Bisounours qui doit rejoindre la fte d'anniversaire de son canard en plastique, mais plutt qu'on doit viter qu'une grande ombre vienne de l'Est et touffe toute l'Europe. Oui, je serais ex-membre du pacte de Varsovie, je verrais ce jeu d'un oeil souponneux quand mme.



Donc, c'est quand mme bon, trs bon, les musiques sont vraiment pas mal, et les graphismes collent bien malgr un effet "bouillie de pixels" sur certains passages. La console se paye mme des stages avec des effets spciaux de folie et des boss magnifiquement anims, tels ce golem d'engrenages, ode la 3D relle sur une console qui ne la gre pas mais ne le montre pas. Ils ne savaient pas que c'tait impossible, alors ils l'ont fait.
A ct de a, pour la jouabilit, avouons-le, a avoine. Dbarass des gnes de plomb de la ligne habituelle, nos deux personnages marchent d'un pas de Parisien, et distribuent les gnons la gatling. Ils sautent comme des chamoix, jouent du fouet et de la lance avec brio (un copain), tel point que le Nintendiste devra se mnager un certain temps d'adaptation.



Mais a sera pour son plus grand bien. Castlevania Bloodlines n'est peut-tre pas le meilleur Castlevania de l'poque, il est un poil iconoclaste sur les bords, il n'a pas la cohrence absolue de son grand rival, mais il n'en reste pas moins un excellent jeu, irrprochable, dpaysant, vif, et technique. A l'poque au moins, on ne faisait pas que de portages bidons d'une plate-forme l'autre, non, on se sortait les tripes du coude pour faire saigner l'adversaire, et ce jeu est l'une des plus belles illustration de ce bon esprit qui nous a donn tant de plaisir.
Le point de vue de César Ramos :
Un Castlevania, assez rare, et donc trop cher, hlas...