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Bram Stoker's Dracula
Sony Imagesoft - 1993
Les canines, ça se lime... par POYO

Extras : Musique - Manuel TXT - Manuel PDF
Vampire. Espèce humanoïde en costard cravate, commun dans les grandes places financières. Non, merde, je confonds avec un trader. Mais est-il bien nécessaire de donner une définition de vampire ? Non, parce que je fais ce que je veux, en fait. Ici, c'est l'adaptation du film de Francis Ford Coppola qui a été portée sur SNES. Et pas par n'importe qui. À côté de Traveller's tale, on retrouve Psygnosis. Peut-on alors réellement penser que le jeu est mauvais ?



Bram Stoker's Dracula. Ce nom me fait simplement trembler. Non pas parce que j'ai peur des vampires (Oh, j'suis pas un rigolo moi), mais parce que ce jeu me fait peur. Situons l'action. Vous êtes un mec qui a déjà tout vécu dans la vie, et qui, par dépit peut-être, a envie d'aller torcher du Dracula, le buveur de sang du coin. Enfin, ça j'imagine, c'est pas dit dans le jeu. Le jeu est une sorte d'hybride de plate formes/survival horreur du plus mauvais goût. On préférera en rire que d'en pleurer. Particulièrement à la vue du héros défouraillant du villageois avec un couteau suisse de sous-marque.




Bon, graphiquement, c'est original. Si l'on peut dire. Nan, en fait c'est plutôt moche. La console est quand même bien exploitée, pas de ramage, mais bordel quoi. Les tons marronasses comme quand votre petit cousin d'un an et demi a rempli le fond de sa couche ont tendance à me saouler. Après, d'autres apprécieront, mais c'est pas ma came. Les sprites sont pas trop trop mal bien qu'un peu gros. Y'en a des gros et des moches, par contre, y'en a qui sont gros, ET moches. Quand à l'animation... Bah finalement,c'est assez fluide, y'a pas mal de frames. On restera un poil dubitatifs face à l'animation de marche de votre héros, un des moins charismatiques qu'il m'ait été donné de jouer. Pour vous faire une idée,visualisez Mickael Jackson exécutant un moonwalk. Maintenant, retranscrivez le mouvement vers l'avant. Ce type glisse littéralement vers l'avant, et fait trois mètres de glissade sur un pied avant de poser le pied à terre. Mythique.
La gestion des sauts est totalement risible. On fait des sauts de trois mètres de haut, mais on est à peu près sûrs de retomber comme un parpaing un jour d'ouragan. Tout droit et à coté de la plate forme. La difficulté du jeu réside dans le fait qu'à la place d'un humain, vous contrôlez un parpaing. Le tout en dansant une polka au milieu d'un concert de Slayer. Et bien sûr, aucune frame d'invulnérabilité quand on prend un coup. Non non non. Il est possible de mourir en mois de 5 secondes. En ayant sa santé au maximum.

La musique est... Baaaaah... Euuuh. Voilà quoi. C'est encore plus cheap qu'un pet d'acide sous une pluie de sang. Non, c'est pas vraiment buvable. On a droit à deux musiques d'ambiance (grand max), à base de notes graves très longues, style « mon-dieu-chéri-rentre-tu-vas-mourir-mais-rentre-attention-derrière-toi-tralalalala-il-ne-peut-plus-rien-nous-arriver-d'affreux-maintenant ». Bref, de la diarrhée musicale. L'abus des tritons (les intervalles musicaux, pas les amphibiens) utilisés à outrance sur le piano désaccordé d'un Mario Paint ayant trop bu la veille constituant le thème du premier niveau vous donnera envie de vous coller direct un pieu dans le cur. De toute façon, vu la difficulté totalement abusée du jeu, vous n'auriez jamais atteint Dracula. Le thème des boss, bien que pas vraiment transcendant est peut-être le moins inécoutable, quoi que pendant trente secondes. Oui, la boucle fait même pas 15 secondes. Bref, on préférera passer du Punish Yourself plutôt que de souffrir en musique.




Et tiens, je me sens d'humeur, folichonne, parlons des bruitages. Comme dit plus haut, vous commencez le jeu avec un couteau suisse. Le couteau suisse fait un genre de sifflement merdoyeux quand vous tapez avec. Genre « chwoh » Le jour où mon couteau suisse fera « chwoh » quand je taperai avec, je vous jure que je paye un verre à tout le forum de Nes Pas. Les ennemis des premiers niveaux (des chiens, des villageois du fin fond de la corrèze et des chauves souris) sont juste tellement énormes que je me demande si un jour je vais arrêter d'en rire. Les « Gruwooooh » des villageois et les grognements des chiens... Une tranche de rire. Comme pour la musique, préférez couper le son. Les sons des squelettes sont aussi assez énormes. Certains ennemis sont bien vicieux. Invisibles ou presque, bordel ! When you'll see it, you'll shit bricks.



Les boss quant à eux sont assez simples une fois qu'on connaît un peu le pattern et les timings (je pense particulièrement au running man en costard). Comprendre une fois qu'on est morts une fois ou deux sur l'autel de la souffrance. On note une certaine originalité dans les les boss. Pèle-mèle : Le père fouettard, 3 maîtresses de Dracula, Le chien des Baskerville, Usain bolt en costard, la dame blanche...



Côté level-design, j'avais jamais vu un truc aussi foireux. On monte, on descend, on se pose plein de questions (mais quel est ce con d'architecte qui a été me foutre un levier au plafond ?), et on se paume. Car oui, c'est le premier et le seul jeu de plate formes dans lequel j'ai réussi à me paumer. Tout se ressemble (le niveau trois, celui du château est un très bon exemple). Même si on vous donne une flèche pour vous indiquer la sortie, c'est galère de se repérer dans tout ce bordel. De plus, pour encore vous faire chier, ces enfoirés d'ennemis réapparaissent à la seconde où votre écran n'affiche plus leur point d'apparition. « Ah tiens, je vais chercher cette arme... Argh, un squelette ! Bim, t'es mort ! ».



Car oui, il y a d'autres armes à trouver. Moyennant un peu de recherche, ou bien en passant devant l'homme mystère, que j'appelle affectueusement Roger (qui s'avère en fait être Van Helsing, mais comme pour l'histoire, c'est pas dans le jeu en lui-même qu'on te le dira). Bref, quand vous passez devant Roger, il pense à une arme comme un sabre ou des bâtons de dynamite. Celle-ci apparaît alors dans le niveau à des endroits parfois pas possibles. Ensuite, démerde-toi pour aller la chercher. Bien évidemment, c'est limité en nombre pour les armes de jet. À noter que celui-ci, bien que complètement inutile à la trame, voire au jeu (oui, même pas obligé de ramasser les armes), doit O-BLI-GA-TOI-RE-MENT avoir été rencontré pour finir les niveaux dans lesquels il est présent ! Certains niveau se finiraient en 10 secondes mains dans le slip sans lui. Un couloir, une porte au bout. La flèche vous indique un autre endroit, très loin. En bon con, vous y allez. Vous mourrez AU MOINS une fois sur le trajet. Puis soudain... Roger ? Mais qu'est-ce que tu fous là ? Ah, la flèche me montre autre chose. Mais mais... C'est la porte qui se trouvait à 10 mètres de mon point de départ ! Merci Roger ! Ce mec est Ultime avec un U majuscule.

Pour finir, je dirais que ce jeu est tout simplement une tentative de Castlevania du pauvre. C'est Castlevania sans le fun, l'intérêt et l'envie de finir le jeu. Après, c'est un jeu à licence, donc...
Le point de vue de César Ramos :
Plus facile à trouver à notre époque que des jeunes vierges