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Le syndrome de Peter Pan ou Pourquoi est-on oldies

Cerveau en force par EcstazY, Hebus San & Ghost


Vu par EcstazY :

Pourquoi est-ce que je n'aime que les consoles de 1984 ? Pourquoi n'aime-je que la musique de la NES en mono ? Pourquoi je trouve que le seul stick valable au monde est celui de la Vectrex ? Pourquoi je n'aime pas la 3D en 32, 64 ou 128 bits ? Pourquoi je n'aime que les manettes à deux boutons (les esprits veules penseront parce que je n'ai pas le cerveau pour en supporter plus...) Pourquoi en résumé ne suis-je qu'attirer par le oldies ?

Tout d'abord qu'est ce que le oldies ? De manière euphorique, le oldies reste un mouvement de pensée visant à mettre en sur-exergue les modes des années 80-90, années de nos jeunesses respectives. Au point de vue moteur , le oldies reste un simple réservoir de sensations de notre enfance. Rien de plus. Pourquoi n'aimer que des consoles qui pour un public misérable paraîtront VRAIMENT primitives ? Qui peut comprendre de nos jours l'engouement pour une Vectrex, avec ses graphismes en noir et blanc, et ses 15 traits en simultané, et son écran de 15kg ? Qui peut comprendre la passion qui naît à partir du moment où un oldies-fan se plonge devant la bête et voit l'année (1982) s'afficher à l'écran ? Le fan prend la console (enfin le boîtier de commande à ce stade) et commence à jouer. La magie prend. Le jeu est simple, passionnant, les graphismes plus fin que n'importe quelle console de 2003, et le fun réellement présent. Prenez maintenant un jeu PS2. Je prendrais NightFire, le dernier James Bond sorti comme exemple. Allumez la console et laissez tourner. Tous les gens présent s'approcheront, fascinés par l'apparente beauté du jeu. Ils prennent la manette. Et la c'est l'échec. Le jeu demande un coup de main terrible, la manette Playstation est inadaptée à une prise en main aisée pour un non fan, et c'est rapidement l'échec. Damned pourquoi tant de différences ? L'un est un jeu monochrome, tournant sur une machine de même pas 1 Mhz de vitesse, et l'autre vie au travers d'un monstre, l'égal d'un PC ?

La raison tient dans ce simple phénomène : la Vectrex était déjà ancrée dans nos esprits. Si ce n'est pas elle, c'est un clone. Astéroïd est un grand classique, de ceux qui ont bercé notre enfance tous supports confondus. Le retrouver même sur un ancêtre est un réel bonheur, par le simple fait que le cerveau envoie un message de souvenir. Or nous sommes tous attachés à notre enfance. Tout le monde a dit une fois dans sa vie à son entourage "je ne veux pas devenir grand". C'est normal, c'est une partie de notre évolution. L'enfant ne veut pas grandir, car il "sent" ce qui va lui arriver, il voit la dure vie s'ouvrir peu à peu devant lui, et ça lui fait peur. Mais la suite logique est qu'il surmonte cette peur, et qu'il devienne adulte. On a tous dans notre vie des moments de régression, quand on retourne chez ses parents et qu'on revoit au fond du grenier nos vieux jouets, nos vieilles cartes postales, et c'est avec un sourire un peu peiné qu'on relit ses vieilles lettre d'amour, et qu'on se rappelle...

Dans le cas du oldies, l'explication est apparente.

* Flashback *

Ça y est j'ai réussi. je suis en 1990. Je suis à Paris dans l’ancien appartement de mes parents. Le temps est au beau fixe, le jardin est en fleur, et par la fenêtre je sens monter l'odeur du rosier, planté il y a peu sous notre balcon. Mes parents viennent de partir faire les courses, j'ai approximativement deux heures devant moi. Je m'avance dans leur chambre, j'allume le poste de télévision, et j'enlève fébrilement le blister du nouveau jeu NES que je viens d'acheter. Je reviens de Darty, où j'ai dépensé la moitié de ma cagnotte acquise en étant sage les soirs où les parents n'étaient pas là. Papa dans un jour de bonté a rajouté les 150 francs manquant à la somme finale, et c'est tout fiévreux en serrant le sac plastique très fort contre moi que je suis rentré à la maison. Mais n'ayant pas le loisir de disposer de ma console comme je le souhaite, je profite de l'absence de mes parents pour l'utiliser à ma guise. J'enlève donc l'emballage, et je me retrouve avec la cartouche de Duck Tales dans les mains. Chic alors ! Picsou est vraiment génial je regardait pas plus tard qu'hier son histoire dans le Disney Club. Je glisse doucement la cartouche dans la NES, je l'allume, et je prend ma manette.

Ouah chouette la musique d'intro est le générique de la série ! Mon oreille ne se rend même pas compte que le son est faible et en mono, le cœur y est et l'imagination transforme ce son faible en merveille polyphonique orchestrale. Je ne lis pas le manuel, seul les vrais jeux de stratégie le demande, je les laisse au frère aîné de mes amis, je suis bien trop jeune pour ce genre de jeu. Picsou est là, il évolue sous mes yeux. Je suis Picsou, je pense Picsou, je vois Picsou. Le jeu est fichtrement difficile. Certains passages me mettent un peu en rogne, mon impatience d'enfant se fait bigrement sentir. Je refais certains passages dix fois avant de réussir, tout heureux. J'arrive enfin au boss de fin du jeu. Je lui lance son bloc pour le tuer, mais la porte claque, et mon père rentre dans sa chambre, très surpris. Il me regarde, je suis livide comme un linge, et me dit d'une voix chaleureuse que je dois aller jouer dans ma chambre, et laisser l'écran. J'éteins ma console et je rentre penaud, vexé de n'avoir pas vu passer ces deux heures, avec comme seul idée en tête que d’y rejouer pour battre ce vilain de Gripsou…

* FlashAdvance *

Je suis en 2003. Je viens de passer une journée exécrable, mon plan marketing a été refusé par ma hiérarchie directe, et me voilà bon pour refaire un mois de travail pour par grand chose au final. Je rentre chez moi. J’allume mon ordinateur portable. Logo de Windows 2000 serveur. Mon bureau s’affiche, je lance opéra, je prend mes mails, je ferme opéra, pas le courage de les lire. Je lance « Rue des cascades » de Yann Tiersen. La musique me rend mélancolique. Je regarde mon bureau. Rien. Je regarde mon bureau de windows. Pas grand chose. Tiens, un raccourci vers l’émulateur NES. Allez, soyons fou. Je lance la bête. Choix du jeu. AH. Que vais-je bien pouvoir me faire. Duck Tales, tiens. Ça fait longtemps que je n’ai pas joué à celui là. Je le lance. Générique. Tiens, j’avais oublié la musique. Marrant. Hop l’ami google chauffe, dans les 2 min j’ai le MP3 du générique. On l’écoutera plus tard. Là je joue. Excellent, l’oncle Picsou, c’est limite si je l’avais pas oublié tiens. Et là, la magie opère de nouveau. La pluie qui glisse doucement sur mes carreaux se tait. Ma pièce jusque là noire devient lumineuse. Mon PC à 22 000 frs devient une NES à 15 euros. Picsou est là, il évolue sous mes yeux. Je suis Picsou, je pense Picsou, je vois Picsou. Le jeu est fichtrement simple, les patterns ennemis sont réellement faible, mais le fun est là. Les couleurs sont bien chatoyantes, la musique est vraiment sympa, et la prise en main toujours excellente. Je finis le jeu en 30 min (en comptant la pause ice-tea pêche) et j’éteins mon PC, un grand sourire au lèvre. Je me rappelle de la chambre ensoleillée de mes parents, de la douce odeur des roses, de ce dimanche de juin où la magie opéra pour la première fois. De cette période de ma vie qui me paraît une éternité, qui me paraît toujours ensoleillée, toujours pleine de roses, d’amis, de petits tracas de rien du tout, de vie…

Le plus dur est le souvenir. Le cerveau améliorant toujours les souvenirs, la simple pensée de son enfance (sauf si on a été battu à mort, ou élevé chez les bonnes sœurs…) est une émotion relativement forte. Tout dépend de la personnalité de la personne. Certains s’en fichent royalement, se foutent pertinemment de leur passé, et avancent sans. Mais à mes yeux on ne peut avancer sans avoir un minimum de racines, de souvenirs, d’expériences passées. Ce sont elles qui nous forment, qui nous aident à évoluer pour arriver au résultat improbable du passage à l’âge adulte et tout ce qu’il nous coûte. C’est le souvenir obsessionnel de sa jeunesse que l’on appelle le syndrome de Peter Pan. C’est lorsque la personne « adulte » ne voit sa vie qu’au travers de son enfance.

Le oldies est une phénomène à cheval sur cette idée. En effet, le principe même est de glorifier une machine d’époque, et donc par là tout un mode de vie. Pourquoi glorifier le Tang alors que tout le monde sait que c’est particulièrement imbuvable et qu’ils ont arrêté la production car les clients devenaient aveugle (je rigole bien sur mais l’idée est là). C’est simplement parce que l’ambiance autour de cette merde est unique, et qu’elle ne reviendra jamais. Plus jamais je ne goûterais chez ma grand-mère dans son immense salle à manger, à confectionner mon tang, en beurrant ma tartine de pain viennois et en glissant mon carré de chocolat dedans. Plus jamais je ne goûterais la joie innocente de découvrir un tas de carrés de couleurs s’exciter sur mon écran, excitation en forme de Picsou. Le oldies est donc un moyen de chasser ses démons intérieurs, en phase post-adulte. On ne peut pas avoir 15 ans et être oldies. Si c’est le cas, c’est juste que l’on a suivi son frère aîné, où que l’on se souvient vaguement de tel jeu essayé chez un bon vieil ami. Si on a 50 ans et que l’on est oldies ce n’est pas possible non plus. C’est que l’on est un collectionneur avisé, qui ne peut connaître que le côté technique de la chose.

Le danger est dans le fait de l’enfermement prématuré dans sa jeunesse. Ce phénomène est bien connu des personnes âgées, toujours à ressasser leur passé. Le oldies peut virer à ça, ce qui est le véritable syndrome de PP. Mais le juste milieu existe, celui qui se remémore le mythe, et tente de le vivre de temps en temps, celui qui pense oldies, en s’amusant en regardant ce qui se fait de nos jours, celui qui admire les prouesses technologiques de notre monde moderne, en les abordant avec sérénité. Cette homme là existe, c’est le pure oldies man.

Nous sommes la génération du jeu vidéo. Nous sommes né avec, avons grandi avec et vivrons toujours avec. Certains sont nés au siècle des lumières, nous sommes nés au siècle de l’image. C’est ainsi. Le oldies en est donc à ses balbutiements, et évolue avec l’histoire. Nous ne sommes que les premiers d’une lignée que j’espère riche et fertile, et qui nous ramènera toujours au fond de nos souvenirs, pour notre plus grande joie.



Vu par Ghost_Rider :

Dans le journal télé, tout à l'heure, j'ai vu que Canal + allais diffuser "Final Fantasy - Les créatures de l'esprit" cette semaine. Photo à l'appui, je me rend compte d'une chose: nous en sommes arrivé à un stade, une époque, où l'on sait que tout est possible grâce à la technologie. Tout n'est en fait qu'une question de temps, et il est de plus en plus court.

J'ai vu le film: "Ca alors! De faux humains!". Impressionnant! Bien sûr, la différence est encore visible pour nous, enfants de l'image. Maintenant, replacez ce film dans un contexte différend: 20 ans en arrière, à l'époque des premiers jeux vidéos. Un coup de machine à remonter le temps, le lecteur DVD sous le bras, et pouf! nous voici en 1980 chez un jeune garçon...

Gaétan vient d'avoir 8 ans. Pour son anniversaire, ses parents ont fait une folie: ils viennent de lui acheter une console Atari. Console? Quel drôle de nom pour cette objet "Hi-Tech", qui ne ressemble en rien à un meuble longiligne qu'on met habituellement devant le mur de l'entrée. D'après le vendeur, cette "console" est ce qui se fait de mieux dans le domaine du divertissement pour enfants.

Après avoir soufflé ses bougies, Gaétan saute sur le paquet enrubanné, le déchire vivement et s'émerveille. Face à lui, Indiana Jones aurait eu l'air blasé en découvrant le Graal. Ses yeux brillent: c'est le plus beau cadeau qu'on lui ait jamais offert. Il a peur d'ouvrir la boîte, comme si le mythe devait rester tel quel pour l'éternité. Peur de tout gâcher, en fait. Mais l'envie est trop forte.

Avec minutie, il ouvre délicatement la boîte, en extrait le polystyrène avec soin, laissant peu à peu apparaître son objet de culte. Son cœur bat plus vite. Ses mains tremblent. Le monde autour de lui n'existe plus. Il observe cette merveille sous toute les coutures, manie ce bloc merveilleux avec habilité. Après l'avoir bien étudié, il est temps de passer à la seconde phase: l'utilisation.

Ni une, ni deux, il saute sur la télé, sans prendre le temps de remercier ses parents. Inutile: ceux-ci sont déjà comblé par son enthousiasme et son bonheur. Ils ne pouvaient rêver de plus belle reconnaissance: leur fils est heureux. Gaétan branche sa console, avec l'aide de son papa, puis appuie sur "On". Et là, sans le savoir, il vient de sceller dans l'éternité un geste anodin qui guidera dès lors une partie de sa vie d'enfant, d'adolescent, et même au-delà.

"Pong". Le nom lui plait. Le jeu commence: de chaque cotés de l'écran, un barre grise, qui peut se déplacer de bas en haut, et qui sert de "raquette" pour faire rebondir un petit point qui semble être une balle. Enorme! Gaétan est devant le premier jeu video grand public. Une page est tournée. Aujourd'hui, il passera plusieurs heures à essayer de se perfectionner devant cette merveille de technologie, d'euphorie en colère, de jubilation en désarroi.

Sorti de nulle part, un homme apparaît devant lui. Sans dire mot, il débranche la console, sort un objet encore plus gros, le branche sur la télé, y insère une espèce de disque de plastique argenté sur lequel on peut lire "Final Fantasy - Les créatures de l'esprit". Il presse un bouton et des images commencent à s'animer sur son écran. Gaétan est émerveillé et terrifié à la fois. Ce qu'il voit est un film de science-fiction, mais les acteurs sont bizarres. Ils n'ont pas l'air "vrais", mais ils ne ressemblent pas non plus à des dessins.

Tant bien que mal, l'inconnu essaye de lui expliquer que ce qu'il voit n'est pas "réel", que les personnages ne sont rien d'autre que les mêmes petits points qu'il voit sur son écran lorsqu'il joue à son jeu, mais en plus évolué. En l'espace d'une journée, le petit Gaétan aura vécu une révolution de 23 ans, passant d'un extrême à l'autre en quelques minutes. Le choc est rude. Dès lors, il se met à regarder sa console avec désintéressement, comme si elle ne valait plus rien.

2003. Gaétan a 31 ans. Il vient juste d'acheter un nouveau jeu pour sa X-Box: "Tom Clancy's Splinter Cell". Il ouvre le cellophane d'un air blasé, mais avec une certaine impatience. Il met le jeu dans sa console, l'allume et commence à jouer. Rien à redire! Le jeu est vraiment bien fait, palpitant, flippant, prenant. Pour simplifier, il pensera à une chose: "Mieux que ce à quoi j'ai joué avant.", en sachant pertinemment qu'il pensera la même chose dans 6 mois, lorsqu'un jeu encore plus révolutionnaire sortira sur le marché.

Nous ne sommes rien d'autre que des blasés. plus rien ne nous étonne. Bien sûr, à chaque fois, on se laisse prendre au jeu, se disant qu'il est vraiment splendide, incomparable, impressionnant de qualité etc... mais tout ça ne sera que de courte durée. Quelques mois, tout au plus. Le futur est connu, plus aucune surprise à venir. Le concept de "révolution" est en train de s'éteindre à petits feux.

En Août 2001, dans le magazine "Première", Jeffrey Katzenberg, producteur de "Shrek", a dit cette phrase très juste et parfaitement réaliste à propos de son film: "C'est le top de la technique pour... les dix prochaines minutes. Tout évolue si vite en ce domaine que les rêves les plus fous semblent à notre portée". Aujourd'hui, on peut parier que ces rêves ne semblent plus à notre portée: ils le sont tout court.

Devant ce constat alarmant, nous, Oldies, n'avons plus envie d'affronter un futur déjà écrit. Le monde des jeux vidéos est devenu une "industrie" (quel nom horrible, quand on y pense), qui n'a plus rien de magique. Quoi qu'il advienne, nous ne découvrirons plus cette magie qui nous animait tous lorsque l'on achetait un nouveau jeu qui, à l'époque, appartenait plus à l'amusement qu'au divertissement technologique.

Les jeux sont devenus violents, les catégories ont muées: exit les jeux de plate-forme et les shoot them up, et bonjour les wargames-RPG et les quake-like. Les seuls survivants de cette époque sont les jeux de baston et les courses de voitures, soit deux catégories à la brutalité implicite. Mario est mort: vive Claire Redfield!

Ancrés dans cette époque, les jeux vidéos sont nés avec nous, ont évolué en même temps que nous mais, contrairement à notre avenir, n'auront plus de surprises à nous apporter. Être Oldies, c'est jouer le jeu de redécouvrir ce que l'on a vécu, nos meilleurs souvenirs, à l'époques où la vie n'était pas si compliquée et avait encore tout à faire découvrir. Le futur était devant nous, et pour lui faire face le plus longtemps possible, nous restons liés à ce mode de vie, à ces souvenirs inoubliables, ces joies, ces pleurs, tout ce qui nous rappelle qu'un jour, on a été des enfants, dans toute l'innocence que cela sous-entend.

Aujourd'hui, être Oldies, c'est aussi jouer les archéologues: chercher des jeux qui représentent tellement pour nous, marchander, négocier, aller à Rio de Janeiro, dans une ruelle sombre, rencontrer Ramos, notre dealer international de raretés ludiques, en s'assurant au préalable (en lançant la phrase-mot de passe "J'adore les cendriers en rotin", auquel il devra répondre "Il est minuit à Katmandou") qu'il s’agisse bien de lui et non pas d'un pedrolito lambda caché entre deux poubelles.

Être Oldies, c'est donc aimer prendre des risques et dépenser des fortunes dans des objets de culte, rescapés d'une époque révolue à laquelle a succédé un univers régi par trois grands maîtres incontestés (la PS2, la Game Cube et la X-Box), qui règnent en dictatures sur ce monde de désillusion qu'est "l'industrie des jeux vidéos".

Amen.

Vu par Hebus San : Oldies et persévérance, ou comment éviter la guerre en irak.

Je suis vieux. Très vieux. Mon 26 ème hiver s'étiole doucement, et déjà pointent les bourgeons du 27 ème printemps. Puisque je vous dis vieux…Selon le Genre Oldies espèce nes je fais même figure de patriarche. Patriarche à la connaissance limitée certes, mais a t-on jamais vu quelqu'un critiquer un vieux pour son manque de savoir ? Non, la crainte de commettre un malheureux impair du style « Alors papi, on se rappelle pas Penguin-Kun Wars (au hasard…) ? Non, je suis atteint de la maladie d'Alzheimer » fournissant un confortable matelas protecteur évitant d'avoir à répondre en fait que « Ben non, je sais (savais, merci benji) même pas ce que c'est… ».

Bref je suis vieux et j'emmerde les jeunes cons. Même si je ne suis et ne serai jamais une encyclopédie vivante sur le jeu vidéo, j'estime néanmoins avoir des jugements philosophiques pour le moins passionnants sur ce sujet. Non ?... Allez vous faire foutre !

Alors pourquoi parler persévérance dans le cadre du oldisme (je néologise comme un gros porc, et j'aime ca) ? Tout simplement parce que ce descriptif est accroché à la personnalité du oldies aussi sûrement que Mario a le cul vissé sur Yoshi quand ce dernier décolle avec une carapace bleue dans le bec. Pourquoi ? Vous me pompez un peu avec vos pourquoi à tout bout de champ….Pourquoi ? Laissez tomber. Bon, merde va falloir que j'invente un justificatif à ces phrases pourtant si bandantes telles quelles… vous faites chier l'esthétisme avec vos pourquoi sans le savoir !

Prenons un exemple concret, voulez vous ? Soit un joueur A oldies nommé benjamin (pas au hasard, c'est mon vrai prénom et ma mère dit qu'il est très beau. Ma mère a raison. Souvenez-vous en pour le reste de vos jours) et un joueur B standard (comprenez un djeunz insipide et formaté aux règles mercantiles de la société actuelle à grands coups de star ac', de lara croft (sans majuscule, faut pas déconner) et de Danone, être mieux chaque jour) nommé Kevin (ou Bryan, ou tout autre prénom à consonance Iouaisse bien à la mode). Soit dit en passant nous considérerons comme une vérité première que le djeunz est insipide ET formaté, même s'il s'en défend (ce qui est généralement la meilleure preuve de ces défauts). Ceci est un postulat toujours vrai dans mon référentiel (comme pour ma mère donc).

Mettons alors benjamin et Kevin dans une machine spatio-temporelle qui les ramène en 1986 (je fais ce que je veux, c'est moi qui écris) et plaçons les devant une NES faisant tourner Zelda. Qu'allons nous constater ? Tout d'abord Kevin va se demander ce qu'il fait là, qu'est-ce que c'est que cette télé de merde, c'est quoi ce jeu très moche, et où est la radio pour écouter arthur ? Revoyons la scène au ralenti avec les mots de Kevin : «ouah la pérave ce trip ! Comment trop fort que je me retrouve là !! Trop la loose c'te télé… et c'est quoi ce jeu de naze grave moche ? Bon faut pas que je rate Arthur sur la vie des canards… ». Je suis gentil je vous fait grâce des fautes d'orthographe viscéralement inhérentes à son groupe social. C'est déjà assez pénible comme ca.

A côté de ça benjamin, tout aussi surpris, va écraser une larme de bonheur devant cette époque bénie enfin retrouvée. Il va trouver que l'air sent bon, que les gros boutons de la télé sont incroyablement beaux et que l'écran bombé est définitivement sensuel.

Demandons alors aux deux protagonistes de jouer à Zelda et de le finir. Et là le carnage peut commencer. Là où Kevin va balancer le pad à travers la pièce rien qu'en cherchant le premier donjon parce que bordel y'a pas de panneaux ni rien d'écrit sur la notice, benjamin (qui n'a jamais joué à Zelda, primordial pour les besoins de l'expérience) va voir son front délicat se barrer d'un pli soucieux et va s'atteler à la tâche avec une abnégation myrmicéenne (de fourmi pour les ignares). Pourquoi ? (Encore un pourquoi et j'encule celui qui le prononce). Tout simplement parce que benjamin n'est pas formaté. Il a en lui le vécu d'un moment de gloire éternelle lorsqu'après de moult efforts il est enfin arrivé au bout de megaman ou de contra 3 sans utiliser un continue. Il connaît le prix de la souffrance nécessaire pour finir un Zelda3 SEUL face à la machine, mais surtout il sait l'immense satisfaction personnelle qu'il en a retiré, façon comme une autre de se forger un caractère de winner si puissant qu'il ferait passer les managers de chez Mac Do pour des dépressifs écoutant Léo Ferré. Il a en lui la culture de la gagne sans aide, la faculté de chercher la solution coûte que coûte, même s'il doit passer 2 mois au même endroit d'Ys (sur master system) parce qu'il ne comprend pas quoi faire. Ce qui compte au final c'est qu'il aura trouvé tout seul.

Face à ça Kevin lui ne tiendra pas 1 heure. Tout conditionné qu'il est à terminer les jeux en moins d'une semaine un œil sur la soluce, un sur le pad, un sur la star ac', un sur son acné naissante, le dernier sur internet pour connaître les nouveautés à venir cette semaine ainsi que leurs solutions en exclusivité, le tout l'oreille vissé sur Fun. Oui, Kevin a 4 yeux, une seule oreille et de l'acné. Il est pas très beau Kevin. De toute façon que lui importe de finir un jeu, il y en a 50 autres qui attendent son pouvoir d'achat de djeunz et qui s'offriront à lui, que dis-je, s'abandonneront à lui comme une vieille pute devant un client inespéré le jour du vendredi saint. A achat immédiat, plaisir immédiat. Kevin n'est rien d'autre qu'un stéréotype parfait du réflexe de Pavlov. Vous voyez bien qu'il est formaté !

Ramenons les en 2004 (benjamin serait bien resté lui…). Ah ben c'était bien cool ce ptit show là, je vais de ce pas commencer Final Fantasy Chronicles et essayer d'arriver au bout dans la nuit ! Mais avant je dois envoyer 20 ou 25 SMS pour raconter tout ça aux potes !! Ca c'était kevin.

Benjamin fixera le vide d'un regard douloureux et lointain, empli d'une nostalgie que rien ne saurait apaiser. Rien ? Si, il va aller surfer sur NES pas, et peut être essaiera t'il encore de finir contra 3 en hard sans continue, tout en songeant au fond de lui même que l'industrie du jeu vidéo n'en était pas une à son époque. C'était une aventure artistique et émotionnelle. Il regardera jouer kevin, et il se dira que c'est bien dommage qu'il ne puisse pas lui aussi en profiter…

Pourquoi l'Irak ? (Plop ! AAAaahhhh !! Schlik schlik… Aaaahh !! J'avais prévenu que j'enculais…). Si les dirigeants de ce monde été un tant soient peu oldies, ils privilégieraient la réflexion intense devant les problèmes plutôt que la force brute. Exploser un pad ou un immeuble, quelle différence finalement ? (Bubus ? C'est beau ce que tu dis)

Hasta luego !